Texte à l’arrache 102

 Dans Textes à l'arrache

Le saxophone couine des notes qui se détachent comme les pièces d’un puzzle. Break. Accord de piano marbré qui tombe sur la caisse claire. Instruments enchâssés. Une voix chante, cuivrée. Elle monte, descends, grince, scatte. Le silence entre les mesures d’abord existe, ensuite le dérèglement s’installe, le beat seul gardien de la raison sonore. Solo. Paix se fait sur la place pour écouter. Les notes, tu les cherches. Attrapées comme des papillons. Présentes, mais invisibles, où volent elles ? Un sens s’expulse dans le souffle des cornets, jamais vu et fugace. Résonne les lamelles du cerveau placées ici pour traiter les fréquences que le puit de l’oreille a capturé. Le cri de la peine calme est ainsi reçu. Feutré velours de tristesse désenroulé par des parques mortelles, à qui est fait un don de divination calculée, autorisé à s’exprimer seulement par la transe de la peau sur l’instrument, quelques minutes à peine. Des soupirs du Temps en mouvement. Cliquetis d’insectes oubliés sur la terre, qui les entends dans le cosmos ? Personne. Peut-être un dieu de passage. Celui qui murmure au saxophoniste d’agencer ses notes de cette façon. Le message est : jouit de cette émotion. Jouit car elle ne peut être saisie. Elle se rappellera à toi dans tes veines quand, sur ton lit de mort, tu verras toutes ces petits cartons que tu avais entassé. Des souvenirs sont à l’intérieur.

Articles récents

Laisser un commentaire

Me contacter

Je vous recontacterai si je veux !

Non lisible? Changez le texte.