Texte à l’arrache 122

 Dans Textes à l'arrache

Autrefois, la forêt était peuplée de bêtes. Casoar à perchette, zigoflon hurleur, barracuda terrestre, éperchoir gobe-crapaud, herrissonette des troncs d’arbres, picabia sauvage, doryphore averti. Elle pullulait, grouillait, caquetait, grattait, fourmillait, en un mot, elle vivait. Mais un jour, les corniflons construisirent la Machine, un gros engin tout en boulons et tôle de fer. La majeure partie des corniflons était nécessaire pour faire fonctionner cette tarasque métallique, bête gloutonne de bois, de pétrole, ou de salami, que l’on jetait dans son ventre enflammé. De toutes parts, des cheminées crachaient une fumée noire, de gros tuyaux déféquaient une boue toxique. L’intention de ce mécanisme était d’actionner une grande roue hérissées de piques. Des nacelles avaient été installée afin que les corniflons privilégiés puissent profiter de la vue. Le fonctionnement de l’appareil était proprement insensé : un commission principale de corniflons activaient les commandes en pédalant sur des vélos d’appartement reliés à une batterie électrique. L’énergie produite envoyaient des décharges à un cartel de corniflons, plus nombreux, qui étaient chargés de fouetter une foule encore plus conséquente de leurs semblables. La masse s’occupaient de pousser, tirer, pomper, tourner, une quantité de leviers aux fonctions absurdes. La plus basse caste de corniflons devaient nourrir l’engin de troncs et de sève siphonnée. Du plus grand au plus petit, tous étaient les rouages indispensables à la bonne marche de l’instrument. Même ceux qui étaient le plus en rage contre la Machine en faisaient partie. Dans les entrailles du monstre brulant, les coriflons périssaient par milliers. Même ceux de la plus haute classe tombaient souvent des nacelles, et s’empalaient sur les piques, pour le grand divertissement des autres. Evidemment, au bout de plusieurs années de ce régime, les matières premières vinrent à manquer. Il fallu utiliser les animaux du coin pour continuer d’alimenter la chaudière. Et quand il n’y eu plus d’animaux, les corniflons eux-même se jetèrent au feu. Le jour arriva où il n’y en eu plus un seul. La Machine s’arrêta de fonctionner, rouilla, tomba en morceau. La forêt était devenue déserte. En fait, il n’y avait plus de forêt. On y traça une autoroute à six voies. Les humains purent ainsi se rendre au Macdo de Plan-de-Campagne en un quart d’heure, pour la grande joie des petits et des grands. Tout est bien qui finit bien.
(petit clin d’oeil à Stéphane Sarpaux 😉 )

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