Texte à l’arrache 171

 Dans Textes à l'arrache

Pendant ce temps, à Vera Cruz :
-Bonjour, Señor Lopez.
-Bonjour, Señora Gñaroq.
-Il fait chaud aujourd’hui.
-Oula, oui.
-Oh, oui.
-Oui, oui.
-…
-…
-…
-Vous désiriez, Señora ?
-Ah ! Suis-je bête, je suis faire quelques emplettes… Il me faudrait une belle salade, trois kilos d’endives, une petite boîte de thé, un peu de bouilloñ, un saucisson d’âne, quatre litres de tabasco, une scie, un tourne-disque, et une plaquette de beurre, s’il vous plait.
-*blink*blonk* Voici. Ça fera six cents cinquante pesos.
-Tenez, gardez la monnaie.
-Merci.
-Bon…
-Voila, voila…
-Hum. Quelle chaleur ! Une vraie fournaise !
-Olala, ne m’en parlez plus, tout mon stock de saucisses à fondu !
-C’est à cause du volcan.
-Des hommes politiques, oui ! Qui ne font rien pour faire baisser la température.
-Oh ben oui…
-Ah.
-On a rarement grand-chose à raconter, ici à Vera Cruz, vous ne trouvez pas ?
-Et bien…
-On pourrait parler d’écriture blanche, pour tuer le temps. Vous connaissez ? C’est Roland Barthes qui a instauré l’expression d’ « écriture blanche », dans Le degré zéro de l’écriture(1953), pour désigner un minimalisme stylistique caractéristique de la littérature d’après-guerre. Il faut entendre l’ « écriture « blanche » comme on parlerait d’une voix blanche, c’est-à-dire sans intonation, dans une sorte d’absence énonciative. Barthes la définit comme une écriture « plate », « atonale », « transparente » ; plus encore, comme ce qui, dans le style même, nie la littérature : une écriture « alittéraire », « une absence idéale de style ». Vous vous rendez compte ? Il y en a qui dépassent les deux cents mots comme ça, pfft ! -Oh moi vous savez, la littérature…
-Ouais… Bon, je crois que j’ai bien tout. Au revoir, Señor Lopez.
-Au revoir, Señora Gñaroq, bon bouilloñ.
-…
-…
-…
-…
-Mon Dieu, j’ai oublié le beurre !
(Définition de l’écriture blanche prise sur www.unil.ch)

Articles récents

Laisser un commentaire

Me contacter

Je vous recontacterai si je veux !

Non lisible? Changez le texte.