Texte à l’arrache 207

 Dans Textes à l'arrache
Les grands discours de l’Histoire pas encore arrivée  :

« Peuple !

Prends les armes, et si tu n’en a pas, prends tes poings !

Peuple !

Fais peur à l’argent. De quel droit la technologie sert à augmenter la vitesse des transaction ? Ce ne sont même plus des hommes qui jouent en bourse. Jouent. Depuis quand n’as t’on plus le droit de ne plus jouer le jeu ? Quand le jeu devient nul, que même changer les règles ne le rend plus amusant, on arrête de jouer, et on fait un autre jeu. Fais peur à l’argent, fais le perdre, il se mettra à genoux devant toi, il te craindra plus que si tu massacre cent soixante milles Caballeros. N’ai pas peur, toi, de sauter dans le vide.

Peuple !

Élève des bœufs, des poules, des canards. Des chevaux que tu attacheras devant le cadavre de ta voiture. Où veux-tu donc aller si loin ? Il y a le bus, il y a le train, il y a l’avion, Nationalisacioñ ! Tous les autres déplacements doivent être en bas de chez toi, de l’épicier au préfet, en passant par le professor. Organise toi. La terre n’est pas faite pour qu’on grossisse dessus comme un cancer, elle est faite pour que l’on se fonde en elle. N’oublie pas que tu marches sur les ossements de ton père  et de ta mère.

Peuple !

Ça te fais rire. Tu es bête, tu mérites une claque. Juste une claque. Pas deux. Voila, prends là, et toi, va la mettre au parleur en costume, plutôt qu’au malappris. Lui, tu lui mettras fessée cul-nul devant tous le monde, c’est tout. Eux aussi sont Peuples. Ceux qui sont au dessus de toi et te commande, tu peux leur dire mierda. Tu es occupé à tous recommencer. Ils pourront toujours te taper, si tu es un sac, ils se lasseront.

Peuple !

Tu n’es pas éteint. Tu es un feu qui doit être attisé, pas une gourde qu’il faut remplir. Là-haut, les canadairs de la Muerte Cerebral passent pour te noyer. Va t’abriter dans les bibliothèques et les musées. Tu peux le faire aussi de chez toi, alors, qu’attends-tu pour t’embraser ? Un petite flamme suffit. un petit bouquin, un petit tableau, une petite œuvre dont tu connais le sens, avale-là, de Grands Hommes sont à portée de ta bouche, pour qu’ils te nourrissent ! Refuse de payer tout ce qui n’est qu’un jeu. Est-ce que tu payes pour jouer à chat-perché ?

Peuple !

Hier soir, le terrible général est entré dans l’auberge, se mettre à jouer avec les hommes et les femmes. Il a tout perdu, jusqu’à sa chemise. Quand le jour poignit, que la brume humide du matin vint remplacer l’odeur de cigarette froide, le général avait donné toutes ses médailles, tous ses chevaux, toutes ses maisons, tout son argent. L’auberge entière le regardait en tremblant. Il etait saoul comme un cochon, et le diable sait de quoi il aurait été capable. Soudain , vlam ! il a frappé la table de jeux du plat de ses mains. Les verres de tequila ont tressauté. Il a dodeliné du chef, en clignant des yeux. Puis il s’est levé.

« et maintenant allons nous battre à mort. »

a t’il dit en quittant la place, pour rejoindre le champ de la bataille décisive. C’était il y a une heure, vous le voyez maintenant qui nous passe en revue.

L’Ennemi arrive face à nous. Prenons nos armes, prenons nos poings, compagnes, compagnons , et levons les bien haut ! Tant pis s’il nous éventre. La vie ne vaut pas d’être vécue en esclave. Caramba ! »

Le colonel Ignacio « El Dramatico » Suarez avant la charge héroïque de Port Buenaventura, le trente-sept juillout 2912.

Articles récents

Laisser un commentaire

Me contacter

Je vous recontacterai si je veux !

Non lisible? Changez le texte.