Texte à l’arrache 321

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C’était le merdier. Un Verdier d’Europe s’était pris la tête avec un Tarin des aulnes, parcequ’il l’avait traité de gros pif. Ça faisait marrer les gangs de chardonnerets masqués de rouge, en train de piller les mangeoires autour. Non loin de là, dans les champs, des bruants fantasmaient en piapiatant d’hypothétiques sociétés des nations aviaires, mais comme il y en avait une petite troupes qui passaient leur temps à montrer leurs zizis, ça ne faisait pas serieux. Un Serin cini peu farouche faisait sa cour à un Bouvreuil pivoine d’allure lourde mais discrète. Tout tomba à l’eau quand un gros-bec casse-noyau vint leur casser les pieds comme un gros con. Les tourterelles turques faisaient blemir le ciel de leurs ventres beige pâle, et les pigeons ramiers croyaient que le temps se couvrait. Ils allaient se planquer dans les chênes, délogeant les geais qui protestaient de toute l’ardeur rauque de leurs cris sonores. Un étourneau sansonnet, sans une roupie en poche, profitait de l’occase pour tenter sa chance à quêter. Essai avorté quand une Sitelle torchepot vida le contenu de son seau de chambre sur la tronche de l’etourneau étourdi du portefeuille. Le mot de la fin fut pour le Pic épeiche qui courait dans le jardin d’à côté, sa canne à la patte : « Oh les passeraux, passez votre chemin, mes anges, soyez pas cons, la mangeoire fait la bête »

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