Texte à l’arrache 44

 Dans Textes à l'arrache

Tagada disent les violons, tsoin tsoin font les trompettes. Que l’on s’agence joliment pour le passage du Roy. Sa majesté ne tolère que les visions les plus agréables, et les sons les plus sublimes. Vous ici, vous êtes le chant des oiseaux royaux. A vous de musiquer comme il sied. Imaginez que vous êtes perchés dans des arbres de la forêt royale, l’un merle, l’autre rouge-gorge, un autre cacatoès. Le Roy passe : pépiez ! Pépiez ! Vous devez pépier le plus harmonieusement possible, afin de vous ajuster à ses augustes oreilles. Dans tout les cas, vous n’avez pas le choix. Vous êtes ses esclaves. Les esclaves de sa joie. D’ailleurs, vous avez la joie d’être ses esclaves. Le bonheur d’appartenir à un individu de grand caprice. Songez, fous, que si c’était un pignouf mal éduqué, vous n’auriez pas ce beau metier de musicien, tout au plus trieriez-vous la boue des porcs. Bande de gros veinards. Vous, nourris, logés, blanchis, parecqu’un Roy à du goût, et aime s’entourer de beauté. Dire qu’il y en a qui préfèrent la liberté ! Quels idiots ! Ce n’est pas nus dans les bois qu’ils entendront les merveilleux accords de la musique du passage du Roy. Espérons pour eux qu’il ne l’écoutassent jamais, sinon les ramages sauvages vont leur sembler des caquetements de poules.

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