Texte à l’arrache 59

 Dans Textes à l'arrache

La détestation de lui même l’avait rendu particulièrement dangereux, et son étrange pouvoir n’avait fait qu’empirer son état. Imprévisible et agissant suivant son humeur… Il avait beau être une des créatures les plus puissantes de l’univers, Smash n’était ni un super-héros, ni un super-vilain. Comme il était neutre, il plaisantait souvent en disant qu’il était un super-suisse, mais il n’y avait jamais personne pour rire. Les gens autour de lui étaient souvent par terre, étendus dans une flaque de leur propre sang. Est-ce son don extraordinaire qui l’avait rendu si misanthrope ? Certainement. Mais il était déjà mélancolique depuis des dizaines d’années, dépressif à l’âge de six ans, sous médication à douze, collectionneur de tentatives de suicide, coeur brisé professionnel… Rarement invité par les autres, pour cause de pessimisme contagieux, Smash était programmé pour devenir un danger. Les premiers signes de la mutation prirent la forme d’une douleur. Une douleur sourde, tapie au fond de sa poitrine. Elle enfla progressivement, de jour en jour, jusqu’à devenir un feu perpétuel et insupportable qui lui dévorait les chairs. Mais il réalisa vite que le mal n’était pas une simple maladie. Au cours de plusieurs incidents, il prit la mesure de ses nouvelles dispositions : il pouvait ralentir le temps, et augmenter sa force jusqu’à faire passer l’incroyable Hulk pour une petite nature. Car il avait découvert qu’il pouvait moduler l’intensité de ses souffrances : plus il l’augmentait, plus il gagnait puissance physique, et contrôle sur l’horloge cosmique. Ainsi, en un bond, il pouvait aller de Marseille à New-York quasi instantanément. Rien n’était plus simple que d’entrer dans une banque, défoncer la porte blindée, récupérer le magot, tout ça au nez et à la barbe de tous le monde. Voler une toile dans un musée ? Une formalité. Ca lui faisait une belle jambe. Malgré toute ses tentatives, il ne pouvait pas amoindrir son mal, la seule chose qu’il ait vraiment souhaité. Ainsi Smash vivait, triste et torturé, cherchant par tout les moyens à détourner son esprit des effets secondaires de ce qu’il considérait comme une malédiction. Un costume ? Il n’en avait que faire. Mettre une combinaison de plongée bariolée, il trouvait ça bon pour toute ces tarlouzes musclées qui s’amusaient à jouer au gendarme et au voleur. Les super-marioles, Spiderguy, Superdude, Vulverine et consort, ils étaient où quand les avions s’étaient crashés dans les tours, hein ? Et quand on avait ouvert le feu dans la salle de concert ? Ils étaient où ? Et toutes les horreurs quotidiennes de la guerre dans le monde, ils faisaient quelque chose ? Non. A part rendre leur sac à main aux petites vieilles, ces gens là ne servaient à rien. Smash était bien décidé à rouler sa bosse différemment… (à suivre un jour)

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