Texte à l’arrache 96

 Dans Textes à l'arrache

« je ne parlerais pas de politique je ne parlerais pas de philosophie je ne parlerais pas de musique je ne parlerais pas de ma vie je demanderais pourquoi on existe, nous, de qu’est ce qui justifie que l’on soit vivant. Les fleurs et les animaux` n’ont pas besoin d’un écriteau pour se rappeler au monde; ni d’écran ni de rien ils sont ce qu’ils sont c’est a dire qu’ils sont, c’est tout. l’un mange l’autre, qui est la pour être mangé, puis chié, ensemencé, recommencé. ils ne se demandent pas ce que l’on pense d’eux au niveau politique au niveau philosophie au niveau musique au niveau de leur vie, et du coup ils existent, eux. »
Les passants passent sans regarder, le clodo fou s’arrête de déclamer. Pas la peine… Ses yeux semblent chercher quelque chose, dans le panorama gris du boulevard. Il attrape un bout de feuille froissé qui racle la chaussée, pendant que le vent la soufflette, hop. De la pointe ronde d’un crayon gras, il griffonne son poème sur le papier capturé. Gratte, gratte, gratte. Une fois fait, il contemple son oeuvre, la prend à bout de bras, oblique du chef, tire la langue, puis opine. D’un geste décidé, il lance le papier, et le rend à la brise. La feuille s’envole, le gars s’en va, les passants passent sans regarder.

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