Texte à l’arrache 164

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Méfiez vous des faux plafonds, ce sont des faux culs. De vrais cons, ça se voit tout de suite, ils sont bas de plafond. Êtres fourbes, prêt à vous tomber sur le râble au premier regard. Les plus hypocrites de toutes les surfaces suspendues. Parfois, ils sont jolis, imitent des décors baroques, stucs d’angelots à grosses zizouilles, femmes implémentées mammairement, rosaces, turlusifons, mais la masque s’enlève très vite. La saleté se cache, tapie, prête à vomir l’étoupe On les trouves dans la plupart des bâtiments chiants : Poles emplois, tresors public, postes, banques, commissariats, écoles, universités, magasins de crottes, sécurité sociale, bureaux, salles d’attente etc. ils sont specialement laids dans les hôpitaux, où ils aspirent les souffrances et les angoisses des mourants. On peut voir ces figures dans leurs alvéoles Soulevons une plaque, on comprend sur le champ. Ils sont comme des présentateurs pédophiles : tout blanc devant, et immondes derrières. La charlatanerie du monde moderne révèle sa verité nulle, ses cables, ses tuyaux, sa crasse. C’est le cache misère de la technologie. A propos, et sans qu’on le sache, de nombreux faux-plafonds ont occupé de hautes fonctions dans le gouvernement, certains meme ont été président de la république. Ce qu’ils ont fait ou font est résumé deux phrases plus haut. Car depuis l’antiquité, ils sont responsables des pires forfaitures. Ennemis naturels de l’humanité depuis Falsus Plafonnus, l’empereur fou qui nomma consul une structure métallique , et imposa l’inceste comme monnaie d’échange, ils ont juré de nous aplatir l’ambiance, de nous écraser l’atmosphère. Le pauvre Gerad de Nerval, juste avant qu’on le retrouve pendu par son écharpe, au coin d’une ruelle perdue, avait composé ces triste strophes :
« Mais à présent, Ô faux-plafond ! Ta plaque, c’est l’astre qui brille Aux yeux troublés des matelots, Dont la barque en proie au naufrage, A l’instant où cesse l’orage Se brise et s’enfuit sous les flots.
Non, laisse-moi, je t’en supplie ; En vain, si thermique et si phonique , Tu voudrais ranimer mon cœur : Sur ce front pâle et sans jeunesse Ne vois-tu pas que la tristesse A banni l’espoir du bonheur ? »
Voila qui en dit long. Pour conclure , si l’enfer est pavé de bonnes intentions, il est plafonné de faux-plafond. Gare, donc.
(Hello, Gilbert Schiano)

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