mk_grid_width = 1140, mk_ajax_search_option = "toolbar", mk_preloader_bg_color = "#fff", mk_accent_color = "#a71b24", mk_go_to_top = "true", mk_smooth_scroll = "true", mk_preloader_bar_color = "#a71b24", mk_preloader_logo = ""; var mk_header_parallax = false, mk_banner_parallax = false, mk_footer_parallax = false, mk_body_parallax = false, mk_no_more_posts = "Fin des articles";

Texte à l’arrache 27

 Dans Textes à l'arrache

Harry avait le blues. Le blues de l’écrivain. Face à sa remington, dans son bureau miteux, il contemplait sa bouteille de whisky, d’un oeil vitreux. De part et d’autre de sa machine, il y avait des piles de papier. Certaines montaient si haut, qu’elles en touchait presque le plafond. Mais nul trace d’histoires, ou de fils conducteurs. Tous les textes qui recouvraient ces pages avaient été écrit à l’arrache, tous. En général, Harry rentrait du salon de thé complètement allumé, se posait devant le clavier, et écrivait tout ce qui lui passait par la tête. L’oeuvre était à l’image de son auteur : incohérente, incompréhensible et ivre. Les mots s’éparpillaient au hasard de ses tapotages, perdant souvent des lettres au passage. Un portrait de William Burroughs l’observait depuis le mur, sévère et cacochyme. Harry ne comprenait pas pourquoi il n’obtenait pas le même succès que son maitre. Il faisait tout pareil : juste avant de rentrer chez lui, il s’était fait un fix d’héroine qui l’avait satellisé jusqu’à Xanadu, Pour cinq dollars, il avait pompé un type dans des toilettes de bar, et il venait de tuer sa petite copine d’un soir, en jouant avec elle à Guillaume Tell (Les fusils de chasse ne sont pas les armes les plus précises du monde, soit dit en passant)… Rien à faire. La vérité, c’est qu’Harry était bloqué depuis vingt-cinq ans sur sa première page. En désespoir de cause, il tachait ses feuillets de micro-fictions. Elles sortaient comme le pus d’un bouton d’acné. A l’arrache, toujours à l’arrache, et jamais il ne parvenait à revenir dessus, alors qu’il savait pertinemment qu’Edgar Poe avait dit que le premier jet n’était jamais le bon. Lui aussi était à l’arrache, tout le temps à l’arrache : à l’arrache pour ses rendez-vous, à l’arrache dans son travail, à l’arrache pour sa santé, à l’arrache pour son hygiène… Le problème, c’est que la vie allait trop vite pour lui. Harry soupira, se leva sans même taper une lettre et alla dans la cuisine. Il ramassa un bout de jambon et une bière dans le réfrigérateur. Il posa la bouteille par terre, sur le lino. Il se mit à danser tout autour, en se tortillant. Sur la capsule était écrit, en anglais : « Twist to open ».

Articles récents

Laissez un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Me contacter

Je vous recontacterai si je veux !

Non lisible? Changez le texte.