Texte à l’arrache 62

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Yellow Joe était un pleutre, une lopette, une tarlouze, une caguette. Tout l’Ouest lointain se foutait de sa gueule, car il n’avait pas son pareil pour se ridiculiser. C’est lui qui s’était caché à poil dans un tonneau, pendant l’attaque de la banque de Nothing Gulch, lui qui s’était oublié durant le règlement de compte à O.K Corral, lui qui avait appelé sa maman à la rescousse, devant Doc Holiday et Billy the kid, lui qui s’était pris une rossée par Rocky Racoon, lui qui s’était fait mettre au tapin par Pippo Syzlack, le renard le plus abject du Pécos. Des histoires à son sujet, il y en avait des tonnes, où très souvent, il perdait son pantalon, son amour-propre, et quelques gouttes d’urine simultanément. A tel point que, de son vivant, il était plus célèbre que Jesse James, Calamity Jane, Buffalo Bill, Black Bart, et les Dalton réunis. Hélas, c’était bien la pire des renommées, celle qui poursuit du vivant, puis se volatilise aussitôt la mort venue, sa gloire contenue dans les mauvaises blagues, les sarcasmes, les comparaisons déplaisantes. Les cow-boy s’insultaient en se traitant de ‘Yellow Joe’ plus de fois qu’ils ne disaient ‘fuck’. Il est mort les bottes aux pieds, d’une crise cardiaque. Pas à cause de la peur, à cause de l’épuisement: face à Lucky Luke, il s’enfuit plus vite que son ombre. L’effort, trop soudain, trop intense, accéléra tant le coeur, que celui-ci finit par lâcher. Peu le pleurèrent, encore moins s’en souvinrent. Il fut réincarné en grand géocoucou du désert américain (Geococcyx californianus rapidus), inlassablement harcelé par un coyote surdoué (supergenius canis latrans). Un truc pas drôle, quoi…

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