Texte à l’arrache 132

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Qu’est ce qu’on s’ennuie à l’hôpital. Tout le temps est disponible pour ronger son frein. Les visages blèmes des patients, la souffrance reflétée dans leurs cristallins, les peaux craquelées, les veines percées, le coeur vidé. Les criailleries des infirmiers, moralisantes, maternelles et stupides, piquent les chairs d’horripilantes aiguilles. Que la haine est grande, quand elle a le temps d’enfler dans la salle d’attente. Qu’est ce qu’on se languit, à songer au passé. Sont-ce les produits qui rendent si blafard ? Qui dilue les envies au fond d’un cathéter ? Le temps devient sujet à imagination. L’imagination devient sujette à macération, se liquefie, stupide, dans la rumination. Les pulsations débiles ne font que suppurer des envies de basculement de vie. Si le toit s’effrondait, si le bâtiment brûlait, si la boite au lettre se remplissait d’invitations au luxe… Rien ne se passe. Les frustrations hitlerienne éclatent leurs ongles sur les murs de chair de la prison. « au secours, au secours, liberez-nous » glapissent t’elle, a la vision de l’interne bridé qui les ignore. Elles ne meurent jamais, sclérosées de jugements extérieurs. Que ceux la meurent. Qu’est ce qu’on se fait chier. Qu’est ce qu’on espere, voir un golden retriever se battre contre un corgi foncier. N’importe quoi pour changer le reel, et faire taire la diarrhée qui sort par les oreilles. Achevez moi par pitié. Vivre dans un corps mort , voir le monde tourner et vous échapper, subir l’ego des autres, en mourir pietiné, meme Sisyphe n’en a pas tant bavé. Putain de flots de la conscience, Putain de patience, putain d’hosto. Qu’est ce qu’on se fait chier.

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