Texte à l’arrache 135

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Les suicides les plus scandaleux de l’histoire (attention, peut contenir des morceaux) :

-Ouvrez ! Ouvrez, nom d’un T3 de plain-pied !
Les zélotes plazamites tambourinaient de tout le poids de leurs poings à la porte de saint Dalmatien, tranquille, en train de manger du pain et des hosties en chocolat . Sur son giron, Le Jour du Seigneur se diffusait à l’écran de son smartmissel.
Quand il entendit les aboiements des fanatiques, il su que son heure était arrivée : il avait toujours refusé de se convertir à la secte des adorateurs de Stéphane Plaza. Le simple fait de juger des ahuris en quête de logement lui semblait complètement contraire à ses principes, et par dessus tout, affreusement con. Sa résistance se révélait futile, le culte se propageait, s’inoculant comme une maladie dans toute la Picardie. Maintenant, c’était l’un des derniers, et sa porte était en flammes.
-Ouvre ! Ouvre et abjure !
-Jamais ! Plutôt crever ! Scélérats ! Commerciaux ! Managers ! DRH !
C’est justement un coup de hache qui finit de défoncer l’accès de bois. Le saint était perdu. Préférant mourir plutôt que de tomber dans les mains de ses assaillants, Dalmatien saisit une lame à sa portée, se perçant le sein avec un épluche-patate. Mais hâtant trop son geste, il manqua le coeur. Souffrant horriblement, encore vivant, le martyr en cours se précipita dans les escaliers, monta jusqu’au toit, et ni une, ni deux, hop ! plongea tête la première dans le vide, se fracassant dix mètres plus bas. Cruelle malchance, le pauvre bougeait encore. Rassemblant ses dernières forces, les poursuivant toujours à ses trousses, tout sanglant, perclus de plaies, chargé de coups, il coupa à travers un groupe d’hanounistes qui se moquaient de la scène, et parvint à rejoindre un python rocheux, bien haut et bien coupant.
Juste avant de s’élancer, essoufflé, n’en pouvant plus, il plongea les mains dans ses blessures béantes, agrippant et déchirant ses entrailles, avant de les lancer à la face de ses traqueurs, en appelant sur eux le courroux divin.
-Adios, bande de NAAAAaaaaaaaaaaazes !
Ce qu’il restait de son corps disparut derrière le monticule, et, cette fois, se liquéfia pour de bon, échappant pour toujours aux agents immobiliers intégristes.

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