Texte à l’arrache 272

 Dans Textes à l'arrache

Fumer, fumer comme si sa vie en dépendait.

Joint, pétard, pet’, tarpé, bédo, cône, spliff, buzz, stick, marley, cigarette qui fait rire. Par ici on dit muge, méou, mifle, nordle. Tout doit disparaître. Sinsemilla, Ganja, Marie-Jeanne de communard, chanvre, weed, teuteu, Jackerror Critical Purple Haze Magical. Long long, long, la route est longue pour atteindre le bout du carton. Pendant la succion, ça décolle, à l’arrivée, on est à trente mille pieds. Le train des idées se bourre de passagers, puis tchouc tchouc tchouc en rond sur la ligne mentale. Monte, descend, tourne, vire. Par la fenêtre du wagon, des paysages qui s’associent aux souvenirs, qui en grossissent et en enflent, en vallons et en pics. Le soleil rutile, ou la nuit abrite. Le chasseur de visions n’a plus qu’a se saisir de son outil pour fixer la beauté. Ouais, tout ça, ça fait, le zbadada. Pur pur pur, jamais mélangé. Si tu oses l’insulter en invitant alcool, méthadone, cocoricocaïne, ils vont s’imposer, comme tous les sans-gênes, et t’empêcher. T’empêcher de goûter à la feuille, son parfum de terre et d’arbres, de rocher, de buisson, d’air de mer caribéenne, comme quand tu savoures un bon vin, lorsqu’il rocaille sur ta langue, toujours différent, toujours nouveau. T’empêcher de poser tes yeux sur un livre, d’asseoir tes fessiers. T’empêcher de réfléchir, ce qui est bien plus marrant que de s’amuser. Dans la maison des miroirs, tu te perdras souvent, mais au détour d’une image déformée, tu trouveras la sagesse de bien faire. La musique, la lecture, le cinéma, peinture, sculpture, macramé, seront des terrains de jeu. Tu quitteras l’actualité, les nouvelles s’en iront en fumée, le scandale s’oubliera. L’ivresse, sous toutes ses formes, ne nous profite pas. Tu seras concentré, tant pis si tu t’endors, c’est juste pour l’Étatiste que ça n’ira pas. Il sera inquiet de ne plus te contrôler, telle une mine de charbon. Bien fait pour lui. Autorises toi un thé, un café, ou un grand verre d’eau. Pendant ce temps, tu pourras penser aux vrais soucis, les regarder pareils à des caillots dans le fluide de la vie. As-tu peur de la mort ? La mort viendra, et tu ne sais pas comment. Tu es suffisamment intelligent pour ne pas la provoquer. Si tu ne veux pas l’allumer, et bien, ce n’est pas grave. Arrête ceux qui imposent de craindre d’imposer de craindre, laisse à ce qui veulent être vouloir être. Dis-toi que les anti-fumette sont comme les homophobes : ce sont des fumeurs refoulés.

(Ceci est une apologie. Paul MacCartney à raison de dire que c’est bien. Je vous embrasse. Quelqu’un peut-il me passer le cendrier ?)

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