Feuilleton à l’arrache 287 épisode 14

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(Résumé : Près de Roquefort la Bédoule, un prostitué a été devoré par des cobayes hallucinogènes, que l’inspecteur Fergusson a dejà combattu par le passé. En enquêtant, lui et son adjoint, l’agent Canine, on decouvert chez le pere Fourmoi, zoophile notoire, des légions de petits animaux de compagnie, et un dalmatien qui fait la vaisselle.)

-Allez-y

-Où ça, aventurier ?

-Ne faites pas le vieil ermite en haut de sa tour, Père Fourmoi, dit Fergusson d’une voix glaciale, expliquez nous la présence de toutes ces bestioles.

-Atchoum !

L’agent Canine eternua à en faire tomber sa casquette.

-Heureusement que mon képi est cousu à mes oreilles… Excusez-moi chef, je suis allergique aux gerbilles.

-Ce n’est pas grave, continuez, ne gerbez pas c’est tout. Bon a nous deux Fourmoi, racontez tout ?

-Tout ?

-Tout.

-Bon, em… Au debut, il y avait des organismes unicellulaires qui…

-Non ! Racontez moi ce que font ces rongeurs ici ! Raah, je me fais avoir à chaque fois !

Fergusson avait l’air si agacé et si disposé à mettre des baffes partout au hasard, que le pere Fourmoi devint plus obligeant.

-Ce n’est pas de ma faute, je vous jure ! Juré-craché sur ma tombe *ptouuyyy*

-Arrgh…

-C’est l’marquis qui m’a forcé à garder ces allumeuses de béstioles. Moi, j’en ai pas tant que ça, monsieir l’agent, j’vous jure *ptouuyyy*

-Ah, put…

-J’en ai qu’une dizaine, pour ma consommation personnelle. Vous savez, je suis vieux, j’ai plus la fougue de mes vingt ans. A l’époque, si un troupeau de moutons passait, ils finissaient tous en extase, les quat’pattes en l’air, je vous jure sur la vie de ma tête *ptou…

-Stop ! cria l’inspecteur en envoyant sa paume devant la figure de Fourmoi

-*Glurps !*

-C’est bon, je vous crois. Arretez de jurer. Vous avez parlé d’un marquis. Quel marquis ? Il y a un marquis ici ?

-Ben, le marquis de Baisenville de Roquefort, qui voulez vous d’autre ? Le seigneur de cette region maudite. Vous vivez dans une grotte ou quoi ?

Le souvenir de cette personne creva l’inconscient de Fergusson comme un geyser suisse. Comment avait-il pu l’oublier. Le « seigneur de cette région » n’était que l’aristo dégénéré du coin. Il l’avait rencontré à son arrivée, avec les autres notables de la région. L’inspecteur se rappelait maintenant de la désagréable impression que ce personnage lui avait faite. Le marquis était un individu chétif, à la poignée de main gluante et froide. Il semblait sortir d’une faille temporelle avec ses culottes courtes, sa veste de brocard, et sa perruque poudrée. Son visage émacié, sa bouche menue, son imposant nez aquilin, et surtout, ses petits yeux cruels, enfoncés dans leurs orbites, décrivaient sa nature de pervers vicelard….

-Et pourquoi vous a t’il forcé ? Dans quel but ?

-Et… Et bien… Il m’a dit qu’il avait besoin d’un endroit pour garder ses créatures, il a dit. Qu’elles avaient une grande valeur sensuelle, oui c’est c’qu’il a dit, « sensuelle », et comme mon pere avait été jardinier du sien pendant plus de quarante ans, il s’est adressé à moi, voila.

-Mmm, il n’y avait pas de cuys, dans le tas ?

-Ah, arretez avec vos histoires de cuys, c’est indécent !

-C’est moi qui donne les ordres ici. J’ai un doute sur votre explication. Je suis sur qu’il y a des cuys qui se trémoussent ici, mais nous allons parler de ça. Je veux bien entendre votre version des faits, mais… Le dalmatien, c’est pourquoi ?

-C’est ma femme.

-Votre fe… Vous voulez dire qu’elle s’est transformée en chien ?!

-Euh, non, non, c’est un dalmatien, on s’est marié il y a cinq ans. Je deteste faire le ménage, elle s’en occupe, voila.

-Tout cela me semble très clair. Agent Canine, avez-vous fini d’interroger cette chienne ?

-Oui chef, elle n’a rien vu, elle faisait la vaisselle.

-D’accord… Dans ce cas, je vous arrête, Fourmoi, pour recel de rodentiens, et non respect des devoirs conjugaux. Vous auriez du partager les taches ménagères equitablement entre vous deux. Canine, bouclez le moi. On embarque tout le monde.

-Même les gerbilles, chef ?

-Même les gerbilles. On fera le tri au poste, je suis persuadé qu’il y a des cuys dans le tas. Allez hop !

Une goutte de sueur glissa lentement sur la tempe du vieux zoophile. Fergusson sentait qu’il était sur la bonne piste. Tout ce qu’il restait à faire, c’était de fouiller dans ce tas de poils, et de rendre une visite de courtoisie au château de Baisenville…

(à suivre)

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