Texte à l’arrache 284

 Dans Textes à l'arrache

Depuis l’Antiquité jusqu’à la fin du moyen-age, la technique la plus utilisée et la plus fiable pour rester longtemps sous l’eau est la noyade. Mais on finit par arreter les frais, car il y a trop d’accidents. Puis, pendant la renaissance, Léonard de Vincennes dessine l’ancêtre du scaphandrier : la mine sous- marine à main. Heureusement, l’invention ne dépasse jamais le stade du dessin. Ce n’est pas une avancée significative, mais c’est un début. Ce n’est qu’au milieu du XIXéme siècle que le scaphandre que nous connaissons de nos jours, c’est à dire la drôle de combinaison que l’on voit surtout dans les aquariums, fait son apparition. Le vendredi quatorze juillet 1849, après le traditionnel défilé, le docteur Ska et le professeur Fandrier font connaissance, au café de la Petite Vérole, dans le Panier, à Marseille. Ayant été témoins de l’impressionnante hydrocution collective du septieme régiment de chasseur alpin camarguais dans le Vieux-Port, ils conviennent de contrarier la fatalité nationale, et se mettent immédiatement au travail. Après vingt-cinq tournée d’ Absinthe 51, finalement trop émus pour concevoir quoi que ce soit, ils reportent leurs recherches au surlendemain, le temps de se remettre de tous ces traumatismes, les cellules de soutien psychologique n’ayant pas encore été inventées. Le dimanche, ils se réveillent, toujours à la Petite Vérole, la tête dans le seau. Plus précisément, celle du professeur Fandrier. A cette vue, trouble, Ska à l’illumination. Il se précipite sur le tuyau d’arrosage le plus proche, s’en saisit, soulève son compicoleur, fourre un bout du tuyau dans le seau, après y avoir pratiqué un trou au sommet. Rassurant sommairement un Fandrier plein, il le jette ensuite dans les eaux usées du port. Le professeur coule comme une pierre, puisque le docteur lui en a fourré de grosses dans les poches. Ska souffle déjà à plein poumon dans l’autre extrémité du tuyau, qu’il a gardé en main. Et là, la magie opère : Fandrier respire ! Mais en sautillant sous les flots, il s’empale sur une gaffe de galère qui traine dans la saumure. Pour combler son malheur, la plaie ouverte attire les poissons. Il meurt coupé en deux par un banc de mérous, avant que les secours ait eu le temps de le sortir. En son honneur, l’invention miraculeuse sera nommé de son nom, accolé à celui de son ami : le Ska- Fandrier. La tenue élégante qui fait un malheur dans les soirées mondaines était née. Le docteur soudera les deux patronymes, et changera quelques lettres pour donner à la trouvaille, selon ses propres termes, « un air plus scientifique ». Pour se remonter le moral, il inventera un genre de musique joviale et primesautière, qui porte également les trois lettres de son blase. C’est tout pour aujourd’hui. Amen

Articles récents

Laisser un commentaire

Me contacter

Je vous recontacterai si je veux !

Non lisible? Changez le texte.