Texte à l’arrache 36

 Dans Textes à l'arrache

A quoi bon plaire au gouffre, il n’est jamais rassasié. Par quartiers entiers, il avale toutes les idées. Il mange les concrètes et boit les abstraites, qui forcément sont liquides. Choquer, oui, mais pour quoi faire ? Même les excréments finissent digérés par le puits sans fond. Le gouffre, le gouffre. Noir et vide, géant comme un dieu d’autrefois. Oui, le Chaos. Depuis toujours nommé ainsi, imposant le phonème aux larves d’hommes se tortillant dans l’aube, les premiers à chuter dedans. Les premiers à être oubliés… Mâchés par la bouche d’ombre qui à jamais entoure l’univers. Un univers qui tombe dans un oesophage impossible. Sur la pointe rocheuse, au dessus de la falaise, front contre l’abîme, sauter est plus sage que reculer. Mieux vaut l’illusion de voler que la certitude d’être perdu. C’est le choix instinctif de la colère indigné. Mais vu du Chaos, que somme nous, sinon des poids sauteurs ? Vu du chaos, est-on le Chaos ? Il y a peut être une logique, à l’intérieur de l’illogique par essence. Non. Je confonds avec le gouvernement français. Logique ou Illogique sont des concepts qui se dissolvent aux contact de la béance. Ses sucs gastriques sont un baril d’acide. Elle a vomi le monde, et maintenant l’ingurgite… Une quiche infinie qui rentre et qui ressort, voici ce qu’est la vie, voici ce qu’est la mort.

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