Texte à l’arrache 109

 Dans Textes à l'arrache

La lune rousse ouvre le chemin à un Zombie cahotant, une canne à la main, un caban sur les os, au coin de deux axes, la Jean-Pierre Brun et la rue Nau. La rue Nau. Le ciel tendu comme une bâche sale, entre les bâtiments que la nuit rapetisse. Sur le côté droit, réverbères collés aux immeubles comme des torches dans le couloir d’un donjon. Un couloir qui va se perdre dans les ondulations du labyrinthe communal. Décrottoirs au ras du trottoir, pour essuyer ses semelles du crottin de cheval et des bouses de clébards, soupiraux aux grilles rouillées, bouches de caves, entre lesquelles pousse du chiendent sauvage, et des foetus de platanes. Voitures garées par milliers, animaux vides et dormants. Parfois, une silhouette à l’intérieur dénonce la présence du fantôme d’une crapule. Sur leurs tableaux de bord dorment papiers, médaillons ou idoles. Clôtures de tôle, par dessus les douves du caniveau, pleines d’eau croupie. La chaussée rapiécée et grumeleuse. Aucun bruit ne suit le zombie, si ce n’est celui spongieux de ses converses pourries sur le bitume, et le choc cliquetant de l’embout de caoutchouc de son bâton. Dans l’intervalle d’un vol de mouette, il fait l’inventaire des ordures, inventaire infini. Le vent file à jamais entre les étagères à vie. Des lumières penchées aux balcons, en signalent les palpitations.

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