Dead as a Dodo + Johnny Division + Ultrateckel en concert Enthropy – Marseille 16 avril 2010

 Dans Chroniques de concert

 

Le mot Enthropy caractérise toujours la complexité d’un système, en l’occurrence une soirée duos bassless dans ce cas précis.

O, C.M.O, je t’invoque à présent, fantôme de bric à bac à zizique qui autrefois recouvrait ces murs de tables de mixage Louis XV et de guitare qui sentait la chèvre rance. En entrant dans la salle avec le Teckel-le-plus-ultra, voici que je vois là ectoplasmes de rayons et de vitrines pleines de pédales d’effets pastels à prix réduits, couinantes comme des rats d’animalerie dans l’attente d’un propriétaire et d’affection. Quand on s’installe dans les loges après les balances, le spectre du local à cymbales me rappelle à lui de ses odeurs cuivrées… J’y brule un bâton d’encens chanvré avant de monter sur scène. Hommage.

UltraTeckel, c’est un… Teckel, évidemment. Tout poilu et qui frétille dans tout les sens comme une saucisse sur un barbecue chauffé à blanc. C’est un chien anthropomorphe, puisque il a des mains prolongées par des bras qui lui permettent de jouer de la guitare. Il chante des chansons sur le karaté, la prison, le monsieur dans sa tête, les clitoris et les chiens (normal). Entre deux morceaux, il aboie, tire la langue très bas, et se lèche le zizi. Il à un copain, canidé aussi, avec qui il a sympathisé en lui reniflant le derrière : votre serviteur.

Je m’appelle Brutal Beauceron. J’ai quitté ma ferme pour devenir batteur à la ville. Je m’y emploie de la tête à la queue, en tapant comme un bâtard de bas-rouge. Mon rêve dans la vie, c’est de faire danser les moutons qu’autrefois je gardais dans de large pâturage.

 

 

On fait pipi au quatre coins de la scène, parceque c’est notre premier concert ensemble et qu’il faut bien marquer son territoire. Pendant qu’on joue, le teckel viens souvent me voir en remuant la queue, et pour me rappeler un break ou la fin d’un morceau, et fait des blagues. Je fait de même, parceque c’est très attentionné de sa part.(en plus je suis vachement à cheval sur l’instinct de meute).

Quand on a terminé, on est rudement content. Je dézippe mon costume de chien (mouillé maintenant) et vais rejoindre ma douce dans la foule.

La Johnny Division arrive. Ils sont de Sacramento, et, pour le public non anglophone, ont la politesse de le répéter entre chaque morceau. Un couple Ghotabilly très bien élevé.
A Sacramento, dans les cimetières, ils ont beaucoup de succès. ils sont excellents pour faire swinguer les os, et mon squelette approuve: il trouve ça très frais. Parfois les chansons font valdinguer les osselets, a d’autres moments elles sont comme un courant d’air glacial dans un caveau colossal. Un vent qui fait s’animer, sous mes yeux hallucinés, la fresque murale de l’Enthropy. Les ouvriers à tête de main reprennent en choeur ce chant d’esclave, et les têtes dans les bocaux chantent et dansent des oreilles. Les spectateurs humains font de même, agglutinés contre la scène, ou en duo au comptoir, ou seul en scrutateur.

 

 

(note du connard de critique rock cartésien au fond de moi sous la rate : Les ramones et les cramps copulent allègrement sur les rythmes que lui et elle fracassent avec succès. Set de 20 minutes, binaire de luxe, c’est bon rock’n folk ? c’est publiable ?)

C’est super marrant et sympa, et mon coeur avoue, malgré sa réticence pour les bananors (à la suite d’un traumatisme remontant la petite enfance), que c’est de la bonne came Johnny Division !

Paf, concert fini. Ma chère et tendre me dit la blague du jour qui tue :

« tu sais pourquoi il n’y a que des groupes sans bassiste ce soir ? Parceque Peter Steele est mort ! »

Mouhahahaha. Je l’aime.

Etre plus mort qu’un dodo, c’est difficile, et Dead as a Dodo ne trompe personne. Ils sont bien vivant. Extra vivant même. Autant de vie dans deux corps, d’ailleurs, c’est super bizarres, parceque ça sonne comme s’ils étaient cinq sur les planches.
(Expedions l’avis de Connard de Critique Rock Cartesien: Rock sur-energique, carré, a mi-chemin entre Jon Spencer Blues explosion et Elektrolux sous amphi. C’est bon casse toi maintenant critique.)
A quoi ça ressemble quand on est pas content et qu’on casse toute la vaisselle en criant ?

 

 

A Dead as a Dodo, les harmonies vocales d’oiseau décimé en plus. On danse comme dans une boum des sixties, et on se dit que ça devait en balancer des chaises à cette époque nom de dieu. Voici qu’on sert les canapés fourré au chocolat. Rien à foutre des canapés, foutez moi la paix ! Et vlan j’envoie valdinguer le plateaux et tout les petits gâteaux restent suspendus en l’air comme de la cendre de volcan islandais, avant de retomber lourdement par terre et d’être piétiné par la foule en folie. Je danse avec ma gracieuse adoré et place des passes de zombie surfeur sur le son chaud et grave de la gratte.

« Quelle excellente ambiance ma divine, ne trouvez vous pas ? »
« mmrrmfmm mrmmeromof mdfmodr » me répond elle. Le son est fort comme il faut. Je l’embrasse pendant que le batteur multicolore enfonce sa batterie fluo dans le sol. La guitare se plante comme un couteau dans tout ceux qui s’approche, et un bourré succombe sous les coups répété, s’affalant comme une crotte de bique sur le micro qui fait de même. Un mort. Super concert !

Rappel et rideau.

Quel plaisir d’avoir participé à une soirée à l’ambiance si bonne. On rentre bras dessus, bras dessous, matos à la main, dans la nuit dorée.

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