Skeletor est content

 Dans Skeletor confiné

Quel bonheur, quel plaisir, quelle tranquillité. Luxe, calme et volupté, Skeletor est content. Oui, content. Enfin ses plans se concrétisent. Depuis que Musclor est devenu président, tout roule comme sur des roulettes. Mais là, Skeletor doit te remercier particulièrement , Prince Adam, car tu as réussi ce que le maître du château des ombres n’a jamais fait qu’espérer : les habitants d’Eternia se terrent dans leurs maisons pour de bon, roussis de peur comme des cochons de lait, terrorisés, épouvantés, ecervelés de panique. Skeletor, tout sourire, se promène dans les rues. Qu’il est joyeux, qu’il est frétillant. Pas un chat. Quelques rats encore, mais les rats sont les amis de Skeletor. Plus de voitures pour lui rentrer dans les os, plus de quidams pour lui lancer des pierres, plus d’échoppes pour attirer les gens et leur stupide, dégoûtante, effroyable joie de vivre qui donne à Skeletor l’envie de dégobiller dans sa capuche. Heu-reux. La mort et la péstilence sont ses compagnes de trottoir. Il effraie les pigeons en faisant « Bouh! » très fort, s’approche des promeneurs de chiens en faisant mine de leur tousser dessus. Lorsque ces derniers détalent, leur molosse dans les bras, le super vilain éclate d’un rire démoniaque en éructant « tremblez devant la puissance de Skeletor, mouhahahahaaaaa ! ». Le bonheur. En quatre cent soixante dix-sept épisodes des Maitres de l’Univers, jamais il n’avait obtenu un résultat pareil. Combien de fois avait-il été à deux doigts de réussir, avant de dégringoler de l’echelle de l’espoir comme une grosse bouse molle ? Quatre cent soixante dix-sept fois. Skeletor fait le tour du quartier. Pour ce qui est de la mort et de la pestilence, bon, ce n’est pas EXACTEMENT ça, mais c’est déjà sympa, ça suinte la crainte et la panique comme il aime, alors il flâne au hasard des allées, en sifflotant l’air de « chantons sous la peste ». Soudain, un rouleau de papier toilette réversible lui coupe la route, en se devidant. Intrigué, le squelette musclé remonte la piste de cellulose, et se retrouve ethmoïde à nez avec un militaire.
-Rentrez chez vous m’sieur, c’est le couvre feu.
-Mais je suis Skeletor, le seigneur du chaos, tremblez devant la puiss…
-‘veux pas le savoir, le patron, c’est le nouvel ordre mondial des ptésososaure maintenant.
-Maieeeuhhh.
-Circulez,grogne le soldat en se crispant sur son fusil d’assaut.
-Pffff, c’est pas juste, y a pas moyen de discuter dans ce pays, c’est la dictature !
-Cir-cu-lez.
-Bon, d’accord…
Et tout penaud, le grand méchant s’en va, en traînant les pieds.
Pauvre Skeletor.

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