Foo Fighters en concert Rock en Seine. Paris 26 aout 2011

 Dans Chroniques de concert

De l’importance de la préparation psychologique avant un concert des Foo Fighters.

Jeudi. 21h.

Ca nous faisait tellement plaisir de retrouver le Norvégien, qu’on ne s’est pas privés pour boire goulument notre bonheur. Alors que le niveau de pastis montait lentement mais surement dans le petit salon parisien, on papotait gaiement. Ma Divine Passion nous peignait avec bonne humeur son concert de Zombie Zombie au Pantiéro Festival, je ronchonnais ma saison fatigante au Sporting et le Norvégien nous montrait joyeusement le diaporama de sa dernière expédition de pillage au Mexique, contrée qu’il avait dûment et parfaitement ravagé avec son professionnalisme tout nordique.
Et puis d’un coup, alors qu’il passait sur une photo de village en flamme, le berserker se figea net. Il avait l’expression étrange d’un briard qui détecte un écureuil.
 » Oh putain, je sais ! T’as internet sur ton Iphone ? » m’harponna t’il de son accent ciotadin inimitable.
 » Euh, ouais
-Mets ça alors : Foo-Fighters-Patrick-Sebastien
-Ok
-Ouais, voilà, la première. Les sardines…  »
La musique paillarde et les kazoos retentissaient dans le stade de Wembley plein à craquer. Une caméra grue zooma sur Dave Grohl en transe. Les premiers pffrrhihis se font entendre autour du téléphone. La voix de Patrick Sebastien sort de sa bouche.
 » Allez les gars, on s’lève le cul des chaises, on laisse tomber les asperges…  » Dave lève le bras. La foule jumpe comme pas permis.  » Tout le monde tape dans les mains !  » Tout le monde tape effectivement dans les mains, même Dave. Le rythme binaire du coussin péteur musical s’intensifie. Taylor Hawkins tape à s’en faire péter les biceps. Le chanteur guitariste tend de nouveau le bras.
 » Allez on va s’le chanter ce refrain débile ! Ah qu’est ce qu’on est serré, serré dans cette boiteuh. On est comme des sardines, sardines, sardines !  » Et le demi million de fans, serrés comme des sardines, de tripper encore plus dans la sueur…
On a regardé ça deux ou trois fois, en se marrant. C’était tellement bien monté, bien calé, qu’on a d’abord cru a une authentique reprise. Incroyable ce que le grunge a pu être influencé par l’oeuvre de Patrick Sebastien… La soirée s’est poursuivie, et on est finalement aller se coucher, tout imbibés.

Vendredi. 21H54. Forêt de St Cloud.

 » Bon, on va se mettre devant pour les Foo Fighter man ?
-Allez  »
La transhumance se fait entre les troupeaux qui quitte le concerts des Kills, et ceux qui viennent voir David Chaussure. Ca va pas tarder. Pourquoi pas, ouais. Un p’tit Monkey Wrench. On se fraie un chemin jusqu’à ce que ca devienne physiquement trop dense pour passer. Le Norvégien mène en tranchant à coup de hache les murs de dos qui nous empêche de passer. On trouve un endroit pas mal. Super étouffant, mais pas mal. On cherche de l’air avec nos grands cous.
 » Glu ? Fru de bi de hu ?  » dit au Norvégien un homme blond au regard d’iceberg derrière nous.
 » Glu ? Fru fru ?  » ajoute son compagnon, un chauve martial avec des yeux de la même glace. Tout les deux portent des peaux de bêtes et de grosses haches à double tranchant en bandoulière.
 » Glu !! Fru de hu de bi !!  » s’étonne joyeusement mon berserk préféré.
 » C’est des Norvégiens !  » dit il a mon endroit. Ca, je m’en serait douté, man.
Les hommes du nord babillent un petit moment. Je partage avec eux les quelques mots que je sais dire en viking :  » grosse poitrine  » et  » vieille chatte « . Mais bon c’est pas le moment de se prendre pour le 13eme guerrier, le concert commence.
Les Foo Fighters débarquent triomphalement sous les hourras.
 » Salut les gars, ca va bien ?  » dit Dave dans la langue de Bill Cosby. Rugissements approbateur. Le Norvégien et moi, on se regarde bizarrement. Ca fait tilt.
Les guerriers s’élancent et font ce qu’ils savent faire. Déverser un des sons les plus énormes et les plus produit du rock contemporain. Taylor Hawkins, en bon clone surfer du Grohlissime, tabasse les futs avec une vigueur athlétique de triple-sauteur. Chaque apparition de sa denture baignoiresque sur l’écran géant nous fait marrer.
Dave lève un bras en l’air. L’audience kiffe à donf. Des voix autour de moi entonnent par coeur les paroles. Mais qu’est ce qu’on est serrés…
Quand même, c’est devenu énorme, les Foo Fighters, il s’en battent les couilles maintenant. Ils font ce qu’ils veulent. Ils ont atteint le statut de groupe Cool que tu DOIS trouver Cool. C’est enviable. En partant d’un petite démo toute chérie et policée par le batteur de Nirvana. Dorénavant, c’est lui le Roi, et peut lui importe s’il sonne FM, il EST la FM. Ch’comprend que Kurt Cobain n’ai pas survécu, il ne pouvait pas. Dave se mets à taper dans ses mains. Tout le monde tape dans ses mains. Putain…mais…
Qu’est qu’on est serrés
Au fond de cette boite;
On est comme des sardines,
sardines,
sardines !
Ah qu’est ce qu’on est…
L’infâme vidéo a perpétré son crime, et devant moi le concert se transforme en énorme émission de variétés. Le Norvégien hilare fait tourner une serviette invisible au dessus de lui. On tient six morceau.

On doit se faire déchirer le diaphragme par Death in Vegas pour effacer l’horrible association.

Conclusion : Avant d’aller voir une tête d’affiche dont vous n’êtes pas sur, n’écoutez rien, ne regardez rien , ne parlez à personne, ne buvez pas, ne vous droguez pas pendant 48h minimum avant le début du show, sous peine de souffrir de ce genre de trip.

 

PS: Bon, y avait Pat Smear quand même.

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