John Zorn, Jazz des Cinq Continents, Palais Longchamp, Marseille, 28/07/2019

 Dans Chroniques de concert
Un soir d’eté, alors que le palais longchamp fini d’enrouler sa cape étoilée sur ses épaules, un gargouillis spectral fait fuir les ours morts hors des cages du zoo désaffecté. Les otaries javellisées sautent hors de leur bassin, de vastes nuées  d’oiseaux fantômes se diluent dans le ciel, et des troupeaux de crocodiliens y perdent leurs ecailles.
Mais que se passe t’il derrière les colonnades ?
Sont ce les barrissements d’éléphants zombie, un concours de slogans publicitaires spectrals, une compétition de hululement hurlés ? Que nenni, ma gente dame, que nenni, non, non, non. Devant un parterre de fleurs et un fond scene en arbres, un new yorkais sexagénaire est venu augmenter la tension de signaux électriques, autrement dit, tourner des potards jusqu’à onze jusqu’à en obtenir des étincelles
Cette production d’éclairs dans la nuit, nuit de violence dans la ville nue, c’est John Zorn et son orchestre enfilant des bagatelles, avec une discordante bonne humeur. L’ami Zorn torture le jazz depuis des années, depuis sa libération, en vérité. Il a entendu les similitudes d’extrémisme entre son genre et les autres, les idées partagées par celui-ci et le grindcore, par exemple, là ou s’exprime les émotions de notre époque, c’est à dire la confusion mentale la plus destructurée, le morcellement du cerveau pietiné par le troupeau des informations hystériques et divergentes. La statue d’Ernest Reyer, illustre compositeur oublié assis dans le jardin, par respect pour l’academisme, se bouche les oreilles du bout des doigts. La canéphore de l’arc de triomphe en renverse les fruits du panier qu’elle porte. La frise des tritons abandonne son bas relief à cause des vibrations. Musique expérimentale, musique de laboratoire, jouée par des scientifiques en blouse, ou musique pour cuistres qui prétendent comprendre, tout en espérant pouvoir s’echapper de cet enfer audiophage. Broyage de testicules à en rendre jaloux les marteaux piqueurs, incestes entre instruments, viols de violoncelles, tripotages de trompettes, piétinements de queues de pianos, barattage de batteries bataves en betteraves, le phénomène équivaut à bourrer de verre pilé des anus de cochons d’indes, ou à lancer un bateau par le travers. C’est plutôt beau, tintamarresquement parlant. Peter Evans transforme son cor à pistons en cornet à effet fuzz, Ikue Mori fait de son mac-pomme un sexe mécanique à la tetsuo. Tout ces orchestres poussent loin la garde en avant, en attendant les vulgarisateurs commerciaux. Vous n’y comprenez rien ? Normal, je n’y étais pas.
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