Hell Twisters, Catalogue, Conger! Conger! en concert Poste à Galène, Marseille 1 octobre 2016

 Dans Chroniques de concert
Chroniquer un concert que l’on a pas vu, c’est peut-être la chronique ultime, n’est-ce pas ? Le summum du Gonzo.

Mon défi, si je l’accepte, sera donc de faire un compte rendu de quelque chose que je n’ai pas connu, pas ressenti, pas échangé. Je n’ai pour m’ aider que les maigres notes prises par ma muse, qui elle, se trouvait au Poste à Galène à l’heure H. Je vous laisse regarder :

« Petite entrée
Elle a une voie nasillarde mais de la puissance dans son jeu
Rubis : pas laissée emporter
Quand tu rente dans un concert et que tu réalise que la chanteuse est radieuse et t’envoie enfin des bonnes ondes
Nippon on Side
Quand tu es fas la une dimension ou les gens devraient danser ou écorcher leur Y- shirt pour dépasser quelques clopes et entendre le massage
On est pas là pour coopérer mais pour décrire la scène musicale
Ca vibre eustatique ment
Chronique du professeur Xavier
Un à pouik quoi n’est pas de mi
Les limites les chaussures trop belles. »

 

Sacré challenge. Alors que faire ? Sachant qu’a l’Heure H, moi, j’étais en train d’en consommer, du Hasch. Par caisse, dans mon salon. C’est analgésique. Mais, me direz-vous, il n’y a aucun intérêt à faire une chose pareille. Faire la chro d’un concert qu’on a pas vu… Pff n’importe quoi. Sauf que ce n’est pas tout à fait vrai. Catalogue et Conger! Conger!, je les ai déjà vu, ha ha ! En toute logique, il ne me reste plus qu’a reprendre les notes de ma douce, ce qu’elle m’a dit, et y a ajouter un petit peu de souvenirs mélangée d’imagination. Avant de crier à l’arnaque, laissez moi essayer. (Excuse en avance : il n’y aura rien sur Hell Twister, le groupe ayant déjà joué avant que mon immortelle sylphide n’arrive. Il n’y aura rien. Ou pas)

En bas de la pente de la rue Ferrari, on entendait les sons baillonés derrière le mur du Poste à Galène. La soirée Lollipop avait commencé. Sur scène, les Hell Twisters sacrifiaient des cochons d’indes, en reprenant let’s twist again, version border collie métal. Ils étaient mince, ils étaient beau, à tout le monde ils donnaient chaud. Djinn, mon aimée, entra à ce moment là, avec Furax et Rubis, deux amis. Elle aussi, elle était belle, et passablement arrosée de picon-bière. Ça lui permettait d’exacerber ses capteurs émotionnels, des outils primordiaux pour bien vivre un concert et prendre des notes sans dessus dessous.

 

Catalogue descendirent de leur mitshubishi Zero, en criant « Banzai! « Dix milles ans de gloire ! ». Le groupe à la page, revenaient immédiatement de leur tournée japonaise. Comme des samouraïs, ils montèrent sur la scène avec sobriété. Mais c’était pour mieux déchainer leur vague froide sur le public. Immédiatement le son submergea la foule. Djinn nageait déjà dans le bain, mais Rubis eu plus de mal à flotter. Que voulez-vous, parfois, il faut savoir mettre ses brassards. Mais tout était parfait. Catalogue, déjà mercenaire des clubs, savait s’y prendre pour enthousiasmer. Et la dernière cavalcade nippone les avait rendu encore plus musclés. Avec art, il firent donc un set impeccable, où beaucoup de graines à danser furent lancées sur le parquet. La chanteuse irradiait comme un bonze ayant réalisé son satori. Que pouvait t’on faire, à part balancer sa tête et ses pieds, en profitant de l’onde pure. C’était parfait. Ils saluèrent en révérence, puis cools et décomplexés, ils s’en allèrent au bar.

 

Puisqu’il est question de bar, parlons maintenant de congres. Le congre est barivore, aussi, le bar l’abhorre, comme dirait l’autre. Et en effet, le bar se tenait loin des congres, car Conger! Conger! venaient d’exploser leur aquarium. Agressifs comme des murènes, les congres en stéréo de part et d’autre protégeaient leur batteur congre tandis qu’il ondulait sur son instrument. Ces congridés n’avaient rien de commun avec les poissons croisés dans les eaux troubles des abysses marseillaises : ce n’étaient pas de gros muges, ou de vilains mérous. Non, des congres libres, et fier de l’être, qui faisaient des bulles superbes. Tous les petits poissons qui écoutaient, frétillaient de plaisir, et mon petit guppy de femme aussi. Il y eu un raz de marée, et tout le monde fut noyé par l’extase. A la fin, il ne restait plus que des moules et du varech sur le sol de la salle.

 

Mais ceci est une autre histoire. Djinn dit au revoir à nos amis, et rentra. Elle me trouva un pet’ au bec, en train d’essayer de sauver le monde des tentacules violettes, sur le pc. Elle était ivre. De satisfaction. Son réservoir à bon son était bien rempli, et nous savions, au delà de notre porte,que dans le centre-ville rugissait les cris de la musique, dans les salles, dans les bars, dans les rues. Des musiciens fatigués chargeaient leurs camionnettes d’amplis et de guitares, les soulards de la dernière heure erraient encore sur les cours qui s’éveillait, les employés de salles et de bars passaient le balai sur la poussière de la danse. On a quitté la nuit en écoutant Goat. On a rêvé de magasines et de poisson bruyant.

Le lendemain, elle m’a donné ses notes, et quand j’ai lu la ligne : Chronique du professeur Xavier, j’ai compris que ce serait à moi d’assurer. Même si je ne suis pas chauve, j’ai des roulettes.

Dans tout les cas, allez voir Catalogue, allez voir Conger! Conger!, allez voir Hell Twisters, allez voir ce que vous voulez. Ici la musique est si bonne, que quand on y a gouté, on ne peut plus s’empêcher de l’imaginer. La preuve.

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