Marvin + Shub (Festival B-Side) en concert Machine à coudre – Marseille 09 juin 2012

 Dans Chroniques de concert

J’avais quitté l’abri 101 dans la précipitation. Le superviseur ne voulait plus de nous. Quand l’épais couvercle en titanium s’etait ôté du sarcophage où mes ancêtres vivaient reclus depuis plus de 2 siècles, Une appréhension mêlée d’excitation avait noué ma gorge en un noeud papillon palpitant. La lumière. Je ne l’avais jamais vue. Et le ciel. Je ne connaissais son existence qu’à travers les cases de Grognak le Barbare. Et le monde… Un vaste ossuaire… De la poussière à perte de vue
Je caressais machinalement la crosse du pistolet 10mm qui pesait contre ma cuisse. Plus que 5 balles dans le chargeur… 5 balles pour les pillards, les supermutants et les radcafards qui grouillaient à la surface de cette planète décédée. La folie des hommes avait eu raison de la civilisation, et la Guerre piétinait ses restes fumants avec une vitalité redoublée. Car la guerre…la guerre ne meurt jamais…

 

 

« on décolle ? » gazouilla ma chère et tendre. La console émis un bip aigu alors que je renvoyais mon survivant du futur dormir dans le disque dur.
Quand l’épaisse porte de l’immeuble s’ôta du sarcophage ou je créchais depuis 3 ans, une excitation mêlée d’appréhension noua ma gorge en une cravate de notaire nervurée. La lumière. Je ne l’avais pas vu de la journée. Et le ciel. La fumée de merguez copulait avec les nuages. Et le monde… Il y en avait plein. La rue d’Aubagne pullulait de fêtards du soleil.
Je caressais machinalement le paquet de cigarette qui dormait le long de ma cuisse, au fond de ma poche. Plus que 5 clopes…

 

 

« afehneufeu gneifeu » dit la goule irradié à ma vue. Ses doigts coupants s’enfoncèrent dans ma chair. Les premiers super bourrés flanchaient sous les coups répétés des sounds systems.

La Machine à coudre se remplissaient doucement, et chaque ouverture du sas laissait pénétrer les radiations de dégueulis R’n’b acide venues de l’extérieur. La folie des hommes avait eu raison de la civilisation, et la Guerre piétinait ses restes fumants avec une vitalité redoublée. Attendez une minute…

 

 

Marvin attaqua d’un coup de blaster réglé sur « puissance maximum ». Les cellules d’énergie pulvérisèrent les tympans alentours. C était de la musique cosmique, aux sonorités d’hyper espace et de pulsar bosoné, ou alors c’était juste les synthés qui faisait cet effet la. Dans le bloc de son monolithique, Marvin (le martien) donnait la chasse à Duck Rogers.
On se serait cru dans une vieille émission sur le corps humain. A bord du Zedtron 3000 du groupe, on explorait les vaisseaux sanguins, l’oesophage et la rate, au son des cristaux qui résonnaient d’un lourd treble. Jean Michel Jarre était au mess, en train de manger des Japonais. Satan vivait dans l’intelligence artificielle de l’ordinateur de bord.

 

 

J’allais me poser sur le zinc au son du générique d’ Hawaii, police d’état. Les murs régurgitaient les pulsations de la musique, troublant imperceptiblement la surface de mon verre de vin. Plutôt pas mal. Cette musique de shoot em up ne carburait pas au minéral !

 

 

Le personnel naviguant du Zedtron 3000 démantibula le vaisseau et repartit en caravane vers les terres désolées aussi rapidement qu’il était venu. L’espace d’un fugace instant, le r’n’b affola de nouveau les compteurs Geiger.

 

 

Le bassiste de Shub portait un chapeau, signe manifeste et ostentatoire d’ un mafieux post apocalyptique.
Ils interprétèrent la chanson de geste de leurs pérégrinations dans les vastes étendues pelées de Washington D.C. Elle était boueuse, immense, impitoyable. Ils racontaient les attaques de Yao Guai, les escarmouches contre les esclavagistes, leur passage sur galaxy news radio, la guerre qui ne mourrait jamais…

 

 

Sur le chemin du retour, un grillon hard tek turlubinait devant la vierge du mont, reprenant avec zèle l’agitation qui animait les flancs de la colline.

 

 

Dans les colonnes du journal du lendemain, on parlait d’une fusillade dans une salle de concert du quartier. Un bassiste chapeauté s’était fait descendre par une division d’assaut de la confrérie de l’acier : c était un rebelle. L’article se demandait quand cette guerre allait prendre fin, mais en mon for intérieur, je connaissais cette funeste réponse :

« la Guerre… La guerre ne meurt jamais ! »

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