Texte à l’arrache 138

 Dans Textes à l'arrache

Une nuit de tempête sans lune. Un pays maudit, plein de pierres et d’arbres fous. Hurlements de loups. Sous des monts aiguisés de crocs, un sentier s’enfonce dans la forêt, prêt à perdre le voyageur assez fou pour venir ici. Les virages s’emmêlent dans les bois, puis s’entortillent au dessus d’un vide de plus en plus vertigineux. Des rapaces décharnés, insensibles à la pluie, sautent de la parois pour maudire l’insensé téméraire. Au faîte du pic dorment de vieilles murailles rongées de mousses. Derrière une voûte que portent deux gargouilles , se présente un château fort, eventré par des siecles d’abandon et d’intempéries. Une immense porte en chêne s’ouvre toute seule sur l’interieur de la ruine. C’est sûrement le vent furieux qui l’a poussé, se dit celui qui cherche un abri pour se protéger du courroux céleste . Quelques torches éclairent d’un faible halo des murs humides et froids. Le plafond disparait vers une hauteur inconnue. Par des meurtrieres invisibles, passe le sifflement agressif de multiples courant d’air, seuls visiteurs de l’endroit.
Dans un fracas assourdissant,un éclair allume le grand volume, revelant l’espace d’un instant le hall du château, et l’impressionnant escalier de pierre qui monte le long de la muraille, chemin vers les secrets les plus abominables, les atrocités les plus insupportables, les tortures les plus insoutenables. Quels démons infernaux, quelles liches nécromanciennes, quels lémures repoussant vivent ici ? Au sommet des marches, une ombre gigantesque apparaît, liée à une toute petite silhouette, un minuscule bidule : un rongeur rondouillard, affublé d’une cape doublée de velours écarlate.
-Ve fuis Hamsterula, prinfe des ténébre, bwwahahahahahah ! dit il d’une terrible voix de fausset.
Il met deux heures à descendre les marches, beaucoup trop hautes pour lui, ce qui ne l’empêche pas de pousser des « bwahahah » maléfiques dès qu’il en dégringole une. Arrivé en bas, il trottine jusqu’à la sortie,fait trois pas dehors, pret à subjuguer le monde. Un pygargue tombe du ciel, l’écrabouille dans ses serres, et dans la seconde repart nourrir ses petits, avec la pitoyable pitance poilue. En même temps, on se demande bien ce qu’il allait pouvoir sucer, Hamsterula.

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