Texte à l’arrache 170

 Dans Textes à l'arrache

Hé toi, qui est en congé ou pas, qui lit ce texte mille ans après le règne du talon de fer, qui t’appelles TotoXbrz, et qui habite dans la quatre-vingt-neuvième dimension. Toi. Ces lignes sont écrites à ton intention. Ceci est le texte à l’arrache des vacances. Imagines d’abord un ciel, aurore, avocat, azur, basané, bisque, chartreuse , cuisse de femme émue, moutarde, pourpre, poulpe, gnou, nez de taupe. Mets-y quelques soleils, autant que tu veux, et surtout, des nuages, de beaux nuages légers (pas trop quand même, sinon le temps va se gâter). Ils avancent comme s’ils allaient au pré. Ça y est, tu l’as ? Tu ne vois plus que ça ? C’est normal, rasta, tu es allongé. Bascules un peu le menton vers ta poitrine. Voici la mer qui rejoint l’horizon. Elle t’apporte un air pur, qui entre par tes narine pour remplir tes poumons. A chaque fois que tu expires, un fantôme sort de ton corps. Un fantôme de soucis, déjà dissout par le sel. Fait descendre encore un peu tes yeux, tu vois maintenant la plage. Voila pourquoi tu avais l’impression de t’enfoncer dans un matelas douillet : tu es sur le sable. Observe à droite, à gauche. Les reliefs de la côte protègent tes flancs. Elles sont similaires au ciel, dans le sens où elles ont l’aspect que tu désires : bretonnes, corses, genevoises, méditerranéennes, océaniques, tropicales, arctiques, californiennes scandinaves, chinoises, malabars, gnou, nez de taupe. Ponctues cela d’oiseaux. Au fait, tu peux baisser les paupières. Ouais, tu n’as plus vraiment besoin de la vue, tu sais où tu es désormais, non ? C’est l’heure d’utiliser tes autres sens. L’ouïe d’abord, écoute ça : mouettes criardes , respiration du ressac, murmure de la brise, battements paisible de ton cœur, la voix du rasta qui te parle, rasta. Le toucher : La serviette, les grains du sablier, les vagues qui viennent chatouiller tes talons, transformés pour l’occasion, en aspirateurs à fraîcheur. La dread que tu tripotes entre le pouce et l’index. L’odorat : Le sel et l’eau mêlés à l’oxygène, les senteurs d’écorces, de chlorophylle, de tabac, de cannabis. C’est de l’hypra-super-skunk-ganja from zion, Jah, rastafari. Le gout : tout ce que l’odorat a mis sur ta salive. Tu veux une latte ? Ouais, t’as raison, ça rend la bouche pâteuse, ensuite, il faut tendre le bras pour attraper un jus de fruit. Ce n’est pas nécessaire. Reste comme ça, détends-toi. Sens la quiétude du placenta d’où tu viens. Quand tu estime avoir assez profité , tu peux arrêter. Après, tu peux recommencer la lecture. Ici, ce sera toujours les vacances, les jolis nuages tranquilles. A plus, rasta.

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