Texte à l’arrache 301

 Dans Textes à l'arrache

Jean Vacance adorait les loups solitaires sur fond de pleine lune. Souvent il hululait à sa fenêtre, dans l’espoir que les majestueux canidés lui rendent son appel, mais au mieux, il n’entendait que les « ferme ta putain de gueule ! » hurlés par les primates aux alentours. Fort peu mélodieux. Alors il louait des salles de karaoké pour lui seul, et il mugissait, il vagissait, il bramait, il faisait tout les cris de la forêt. Jean Vacance ne trouvait pas l’âme sœur. Il courait dans les bois, à la recherche de sa moitié. A force d’essayer de renifler le cul des loups sans se présenter, il fut défiguré par les morsures. Mais il était tellement laid que du coup, il l’était moins.  Jean Vacance tomba amoureux d’une vieille idole. Un gri-gri péruvien en forme de cuy. Il l’aima jusqu’à la fin du monde qui heureusement, ne tarda pas à arriver. Un camion de livraison du Figaro lui passa dessus, alors qu’il copulait avec sa statuette dans un motel de Las Vegas. Il souffrit longtemps, moqué par les passants qui se gaussait de ses plaintes et de sa tenue à franges. Finalement, il expira, en regardant la pleine lune. Personne ne pleura sa disparition. Jean d’Ormesson venait de mourir.

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