Texte à l’arrache 93

 Dans Textes à l'arrache

La nuit dans une taverne quelconque de la décharge-monde. Fatras de tronches biscornues, de chopes qui trinquent, et d’odeurs qui puent. Quelques glouks picorent dans un coin de la pièce, au sol en terre battue. Un type à l’air lupin, un costaud poilu, bois un coup au comptoir, l’air relax. Il porte un casque d’aviateur à lanières, ainsi qu’une sorte d’armure, dont les pièces ont visiblement été récupéré par-ci par-là : épaulettes de cavalerie yankee, plastron de spationaute amoché sévère , un bras médiéval, l’autre bras nu, des jambières de cuir et un caleçon en téflon qui dépasse.
-Salut
-Salut
-T’es nouveau par ici. aventurier ?
-Ouep.
-J’en etais sur. Moi, c’est Jean-Marie, eleveur de glouks en depot de bilan.
-Raymond.
-Enchanté Raymond.
-*slurp*
-Voila, voila… Je ne peux pas m’empêcher de remarquer, Raymond, mais, que tu as de longues jambes ! Que tu as de grandes oreilles ! Que tu as de grands yeux ! Que tu as de grandes dents !
-C’est pour mieux boire l’apéro tranquille, mon enfant.
-Haha…Héhé…Oh…Non, mais sérieusement.
-Chuis un anthropanthrope. Un humain-garou, si tu préfères.
-Je garde humain-garou… C’est pas banal ça ! Cékoidonc ?
-C’est comme un loup-garou, mais à l’envers *slurp* A la pleine lune, je me transforme en petit mec chauve et bedonnant. Je deviens super poli, super timide. Une vraie fiotte. Vu qu’ il y a six lunes qui barbotent autour de cette glaire qu’on appelle planète, c’est l’enfer. Je change d’aspect toutes les six heures.
-Ça, c’est pas commun.
-Bah… Y a rien de commun ici.*slurp*
-C’est ben vrai. Tu viens d’ou, toi ?
-De la planète Lupanar. La bas, c’était cool, tu vois ? Y avait pas de lune. J’avais été mordu par un humain, un jour, mais j’aurais pas pu me douter que cette saloperie m’avait infecté. Heureusement que mes congénères ne me voit pas dans cet état, il partiraient en hurlant de terreur.
-Je serais curieux de voir ça.
-J’sens que ca va pas tarder.
-Et comment tu t’es retrouvé là ?
-Pas vraiment de souvenir. Je me rappelle juste m’être réveillé dans cet endroit, un jour.  Au debut, j’ai cru que j’étais à Marseille, mais…glup !
Raymond à l’air de s’étrangler avec son daikiri, il porte une main à sa gorge. Mais c’est la transformation qui s’opère : ses dents rétrécissent, son museau s’aplatit, ses oreilles diminuent, et ses poils retournent se cacher dans les pores. Il pousse un hurlement qui passe d’un timbre bestial a un ton maigrelet.
-Ah ouais, impressionnant… Tu n’as pas l’air d’un petit chauve bedonnant, je trouve.
-Je vous prie de m’excuser, peut être ai-je exagéré la description, mais a me voir, je me sens chétif et nu.
-T’as encore l’air baraqué, je t’assure .
-Oh, je ne voudrais pas avoir l’air menaçant. Puis je vous offrir un verre ?
-Pour sur.
Mais avant que Raymond ait le temps de commander, il est pris d’une nouvelle crise, qui, en sens inverse, le fait revenir à son apparence initiale.
-Hey, ca ne dure pas si longtemps.
-Ouf ! J’ai de la chance, il doit y avoir une éclipse. Avec toutes ces satellites en orbite… un damné boulier…
-Ouais, t’as de la veine… Sinon, pour ce petit verre offert ?
-Dans tes rêves.
-Mais…
-Si je veux, je te croque le visage.
-Ok, ok.
Jean-Marie s’en va plus loin. Raymond continue de picoler. un peu plus tard, les murs de l’auberge éclatent, à cause de la multiplication soudaine des glouks. (idée : Goupil)

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