Texte à l’arrache 115

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Le club Silencio est toujours dépeuplé. Personne dans les sièges de velours. Aucun coude sur les tables d’ébènes. Les tapis sont épais, jamais piétinés. Les lustres de cristal éclairent des verres vides. Club Silencio, entrée gratuite pour toutes les âmes damnées Tenue correcte exigée. Lent travelling pénétrant l’entrée. Regard à gauche. Regard à droite. Pas un chat. Sur des panneaux de bois sculptés, des scènes de chasses à l’homme. Hôtesse absente dans les vestiaires . Salle de bal, chesterfields innocupés vis-à-vis de la scène. Musique d’ambiance, jazz des carpes. Soirée exceptionnelle, au club Silencio. Une vedette incomparable vient s’y produire, la fantastique madame Courant d’Air. Une chanteuse transparente bouge de tout sauf des lèvres. Maquillage outrancier de cadavre embaumé Bouche verte, yeux charbonneux, microphone avarié . La bouche s’ouvre, mais aucun son n’en sort Pantomime du cri des amours qu’on enterre. Elle reste figée. Le succès de la fameuse, un vieux blues dépité. Ovation de quiétude, Ambiance de mystère. Club Silencio, pour les coeurs solitaires. Club Silencio, la tristesse est dans l’air. Club Silencio, les smokings sont usés. Club Silencio, pas besoin de portier. Club Silencio, les espoirs s’abandonnent à l’entrée, et les piètres poètes inscrivent leurs echecs sur les murs des toilettes.

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