Texte à l’arrache 13

 Dans Textes à l'arrache

Glori-glori allez l’OM, la nouvelle année s’éparpille au rythme des douze coups de minuit. Le masque de la Mort Rouge n’est pas passé, tout le monde est vivant. Quelques massacres de masse par-ci-par-là, rien de bien méchant, des salsifistes et des gens trop loin pour avoir l’impression qu’ils existent. Rigoletto avait ces joyeuses pensées en tête tout en humant son premier café de l’an. Joie, bonheur, il n’avait pas fait suffisamment de folies la veille pour se réveiller avec un fléau d’armes planté dans le front, comme d’habitude. La délicieuse sensation ! Une nappe de soleil recouvrait la table de la cuisine, il en sentait les protons chauds qui caressaient son torse nu. Une tranche de plénitude pure. Ma-gni-faïque, aurait dit la salamandre visqueuse de la télé. Il s’imagina en train de verser de l’huile bouillante sur la figure de cire de cette contre-incarnation de la mode, et, diantre, son plaisir matinal n’en fut que plus voluptueux. Un sourire paisible releva le coin de ses lèvres. La ville était encore muette, les fêtards n’avaient pas émergé du coma, et n’allaient certainement pas en sortir aujourd’hui. Quel luxe que ce calme. Rigoletto s’appuya plus confortablement contre le dossier de sa chaise…
Soudain, dans un fracas du diable, la porte vola en éclats. C’était Jason, le mongoloïde immortel, qui faisait son entrée imprévue, une machette à la main, son fidèle masque de hockeyeur sur la tronche.
-Groumpfe… dit-il
-Euh… Bonne année… répondit Rigoletto.
Pas de chance, ce premier janvier tombait en même temps que le treizième texte à l’arrache, le texte maudit, donc. L’octosomique éparpilla les dernier décombres qui l’empêchait de passer, approcha sa stature imposante, puis, sans aucune forme de procès, abattit d’un coup viril son arme sur le râble de l’infortuné Rigoletto.
Finalement, même sans avoir bu, il avait la tête fendue, comme chaque matin d’après-reveillon… Son forfait commis, les groles dans les miettes de crâne, le mastodonte meurtrier sorti une langue de belle-mère (une vraie), et l’approcha des trous de sa visière.
-Poueeeettt… Groumpfe groumpfe… Bonané les kopains !!! Biiiizouuuuu !

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