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Texte à l’arrache 20

 Dans Textes à l'arrache
Marseille, tu es une malédiction.

Oui, une malédiction. Tu encharmes juste assez pour que nous restions prisonniers de tes tours pendables. Captifs de toi, comme Ulysse et ses marins sur l’ile de Circé, tu pues le poisson pourri depuis des millénaires. C’est certainement ta saleté que tu as de plus infâme. Les phéniciens qui t’ont fondé étaient de gros cradingues ? Peu probable. Tu t’appelais Phocée. Et puis, un sort t’as changé en Marseille. Ou damnée tu as été. Quel enfant a été torturé à mort ? Quelle fille vierge à été violée de fond en comble ? Quel sacrifice impie a eu lieu, pour que tu te transformes en bubon purulent ?

Comme un cadavre détendu, au bord d’un ruisseau, tu gis contre cette mer d’aventures, que nos ancêtres saouls ont parcouru avec hardiesse. Tu es encore belle pourtant, de ces belles formes qu’on t’a sculpté au fil des siècles, parures que tu as laissé à moisir dans un coin. On peut encore parcourir tes chutes de reins vallonnées et profiter du soleil qui réchauffe les plages, mais pour quelques heures de plénitude, tu nous bombardes d’ infortunes. Le malheur que tu nous envoies est tel, que les peuples ici se rapprochent. Ils vivent à moitié digérés dans tes entrailles, jusqu’au bout de tes dessous de bras, unis par la perte commune d’être à toi. Hypocrites, ils ont du cacher leurs jardins à l’intérieur de leurs murs, laissant liberté au goudron dehors. Tu a vaincu tous les dieux, de Zeus à Allah. Tu a fait d’eux un couscous bolognaise, très original, mais impénétrable. Il n’y a que des footballeurs pour satisfaire tes orgies.

Plus tard, le surnaturel pulse de chaque ampoule de chaque réverbère de chacune de tes rues, et plus on se rapproche de l’épicentre historique, plus la sorcellerie ancienne se palpe. Au fond du Panier, il y a des Dagons qui dorment, adorés par des sectes secrètes de poissonniers mugiciens, sacrificateurs de congres. Des masques de pierre s’animent sur les façades des immeubles, contribuant à la malédiction, en chantant des litanies qui font flipper les passants de la nuit.

Tes nuits, d’ailleurs, où encore ta saleté se déploie, comme une invitation à la peste. Tes nuits d’or liquide où les castors d’égouts s’ébattent dans les buissons. Tes nuits où les merdes de chien sont si grosses, qu’il y a de petites crottes en orbite autour d’elles. Le scarabée sacré ramène l’astre du jour, les ensorcelés plissent les yeux, serrent les dents sur les rayons ardents. Leurs voix prend un accent vulgaire, un accent d’où sourd la rébellion, la rébellion intrinsèque qui les contamine tous jusqu’à la moelle de l’os. La rébellion contre tout. La rébellion de colère. Tu es en colère contre tout le monde, Marseille, parce que tu ne pense qu’a toi, et à ton reflet si beau dans la mer en été. Alors, tu te revêt de turquoise; Sous les flots, tu es belle comme une galère engloutie. Là, dans une cale, dans un coffre recouvert d’algues, dors le secret de la vie heureuse, que tu as oublié.

Pomponette, salope, lorsqu’on te quitte, ton dôme de crasse nous manque, effet tangible de tes tours de magie. Pomponette… Tu aura beau nous séduire, nous ne serons jamais zoophile ! Si seulement tes bons effets ne se faisaient pas sans cesse couper l’herbe sous les pieds, si les cétacés huileux de la mairie comprenait qu’il faut te démuseler pour que tu exprimes tes merveilles, tu serais la Venise passée du futur, rien de moins. Qui t’exorcisera ?

Artaud à tenté, mais les Hommes étaient trop occupé à faire caca pour regarder. On se console en reniflant l’odeur de la Marie-Jeanne par dessus la Plaine. Un sourire édenté nous réchauffe le cœur. Sous ta chaleur de Salomé, se cache une froide mélancolie. C’est de savoir que ces huit cents milliers d’âmes sont maudites qui a raréfié tes parcs et laissé sauvage les montagnes lépreuses. Là-bas niche la mère de tous les gabians, le plus gros bec de l’univers, teigneuse, constamment de mauvaise plume.

La Grande Caqueteuse pond des millions d’œufs, puis lance ses armées de fils et de filles nous picorer la figure, nous enfienter de guano, nous tabasser à quinze dans une impasse. La sale mouette a au moins trois mille ans… Mais attends.. Attends un peu… Ne serait-ce pas toi, par hasard ? Oh putain ! Oh nahdin ! Oh fichtre de con ! Fan de chirchourle ! Que quelqu’un sorte une kalsah, et fasse un cliché de cette volaille ! Qu’on la bute, sinon, la malédiction continuera !

Hein ? Le gabian est une espèce protégée ? Ah. D’accord. Ben, euh… Laissez tomber…

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