Texte à l’arrache 263

 Dans Textes à l'arrache

Je serais le dernier à dire qu’il est inutile de se rassembler et de s’amuser ensemble, ne nous méprenons pas, mais une bande annonce d’arte pour le hellfest m’a mis le moral dans les chaussettes. Tout ces joyeux chevelus, tout de noir vêtus, encore à la lisière de la rébellion juvénile, heureux de faire la fête tous ensembles… Ca m’a donné envie de me tirer une balle de fusil chasse à canon scié dans la bouche.
C’est surtout l’appréhension de me voir rejeté par ceux qui désormais partagent ma passion qui m’effraie. Avec mon aspect long et flasque de maladie timide, je sais que beaucoup se moqueraient de moi avec facilité. J’ai peur d’être oublié.
Je ne veux pas dire que le metal c’est nul, non, ce serait débile. C’est juste que je regrette d’avoir aimé le metal au pire moment où on pouvait l’aimer. Cela relève juste d’un mécanisme qui est le même depuis toujours : une forme d’art alternative nait, elle est rejeté par la masse, mais adopté par les marginaux qui s’y retrouvent, puis la masse fini par l’accepter, et les marginaux, vexés, ronchonnent qu’ils étaient la avant. On peut coupler ça avec la conception commerciale de l’art. Quand c’est un roi ou un pape qui décide, de toute façon, il n’y a rien à discuter.
Vous étiez où, horde du Mordor, quand on me lattait la gueule sur la Plaine parceque j’avais les cheveux longs ? Vous étiez où quand les jolies filles nous snobaient parcequ’on aimait Obituary et Machine Head ? Vous etiez où? Même pas dans les couilles de vos père pour la plupart.
Maintenant, les minots aime Acdc. Acdc ? Au secours ! Ca ne ferait même plus peur à Richard Ramirez (nda : tueur en série  des annees 70, fan de ce groupe).
Je ne me suis jamais senti mouton, et ce sont bien les loups aventureux que l’on chasse pour que les agneaux puissent paître en paix (cette métaphore est classe… surtout parcequ’elle fait de moi un loup !)
Ce que j’aimais c’était la subversion,
je n’ai pas cette nostalgie pour une époque qui n’a jamais existé comme dirait Jello Biafra. Malheureusement, on ne se promène pas avec notre vie écrite sur notre visage.
C’est ce qui m’a toujours horrifié : cette capacité que nous avons tous à juger et à rejeter au premier regard. On peut dire que la vieillesse est complice de la jalousie.
Ces efforts philosophiques sont consternants: ils masquent comme une palissade vermoulue mon incapacité à communier dorénavant, pour raison de fatigue extrême. Ce qui est donc le plus triste, au final, ce n’est pas la cause. Ce sont les symptômes.

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