Texte à l’arrache 264

 Dans Textes à l'arrache

Ligeia, tu es revenue. Une ultime fois, sur le lit où reposait ton corps, tes lèvres ont bougé et ta peau blanche à rosi, le temps pour mon cœur d’exploser de joie et de peur dans ma poitrine soulevée. Puis, le courant électrique à définitivement quitté ton enveloppe, et on t’as mis en terre, Ligeia. Ma Ligeia. Bel oiseau noir et blanc, au regard où je me plongeais des heures, en écoutant ta voix douce m’émerveiller de ce savoir si insolite chez une si délicate créature. Tes études ésotériques n’auront rien changé, puisque ce soir dans notre chambre, je suis seul avec le souvenir de ta chaleur. Le feu finit de brûler, dans la cheminée. Quelques morceaux d’écorces claquent encore, comme des bruits de pas dans un couloir. Le livre sur lequel je m’endors m’enduit déjà de rêveries funèbres, que tu aurais aimé Ligeia. La petite horloge tinte douze coups, et au même moment, comme synchronisé, le foyer s’éteint totalement. L’obscurité subite me fait poser le livre, et alors que je me lève pour saisir une bougie, les crépitements du bois reprennent. Mais ce n’est pas l’âtre qui parle, ce sont de bruits de pas dans le couloir ! C’est impossible, il n’y a personne à part moi ! Terrifié, je m’enterre dans le lit, le regard fixé sur la porte. Le son se rapproche, celui d’une marche lourde et trainante, qui, secondes après secondes, est de plus en plus près. Je reconnais ce pas, malgré son rythme inhabituel, mais dans la lueur de la lune, je vois déjà les rais d’ombres sous la porte ! Et alors que, tremblant d’effroi, mon sang se glace, l’ouverture éclate dans un fracas infernal, découvrant dans le cadre cette silhouette impensable, celle de ma très chère Lady Ligeia !!!

(du sous sous sous Edgar Allan Poe)

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