Texte à l’arrache 279

 Dans Textes à l'arrache

(Petit exercice : écrire une courte histoire de fantômes d’à peu près deux cents mots, puis remplacer le mot « fantôme » par un autre, au choix… Penser à accorder en genre et en nombre.)

Avant même de les rencontrer, Akbar avait déjà peur des chansons de merde. Enfant, les histoire de gens rendus déments par des chansons de merde le terrorisait. Une nuit, il était dans son lit, il dormait profondément. Soudain, il fut arraché de son sommeil par un bruit dans la cage d’escalier, un bruit de chute atroce, un fatras de chocs sourds et de métal, comme si un lourd objet dégringolait en se cognant contre la rampe. La fureur sonore le pétrifia de peur. Il alluma sa lampe de chevet. Ses oreilles aux aguets ne détectaient rien. Un vacarme pareil aurait du alerter tout l’immeuble, mais il n’entendait plus que les bourdonnements lointain de l’électroménager, et le murmure calme de la tension électrique. Progressivement, sa conscience se persuada que le bruit n’était que la bande originale du cauchemar qu’il avait du faire. Il éteignit la lumière, et se rendormit. Mais la torpeur ne revenait pas. Akbar se sentit soudain opressé par une présence, qui venait d’apparaître dans la piece. Une présence humide, soufflante, froide, comme si un corps s’etait assis sur sa couche. Terrifié, il ouvrit une paupière. Les tenebres étaient totales, mais à la lueur de la lune, elles se dissolvèrent progressivement. Et là, sans aucun doute, il reconnu les contours d’une chanson de merde ! Une horrible, une malfaisante, une difforme chanson de merde ! Hurlant de terreur, humidifiant ses draps, Akbar se réfugia par reflexe sous la couette, priant de toute ses forces pour que la chanson de merde ne le rende pas fou. Au terme de minutes interminables, constatant que rien ne se passait, il risqua un nouveau coup d’oeil : la chanson de merde avait disparu ! Helas, sa tranquillité d’esprit aussi. Impossible de se rendormir, le souvenir de la chanson de merde hantait maintenant son esprit, frappant sauvagement sur les parois de sa boîte crânienne. Et il fallait qu’il change de pyjama…
Le jour levé, l’impression etait toujours aussi forte. Bien décidé à se débarrasser d’elle, Akbar se lança dans des recherches, pour comprendre l’origine de sa tourmenteuse. Il découvrit que la chanson de merde avait plus de cent cinquante ans, et qu’elle n’était pas seule. Des milliers de chansons de merde harcelaient quotidiennement des milliers de personnes, impuissantes face à elles. Il y en avait partout ! Akbar prit la résolution de devenir exterminateur de chanson de merde. Là où il y aurait une chanson de merde, il serait là, et l’éradiquerait de la surface de la terre. « une bonne chanson de merde est une chanson de merde morte« , disait le slogan sur sa carte de visite. Sa quête serait périlleuse, mais il était décidé : lui vivant, il ne connaîtrait de repos que lorsqu’il aurait nettoyé le monde de la dernière chanson de merde !

(dédicacé à M6 productions)

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