Texte à l’arrache 291

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Allez, c’est bon, j’en ai ma claque, la vie est naze, ma famille, cinglée, mes amis, peu fiables, mes ennemis, sans relâche, mon boulot, abrutissant, mes compatriotes, poltrons, mes concitoyens, incivils , ma ville, dégueulasse, mon époque, effroyable. Plutôt mourir que de vivre des jours heureux, pour les pleurer ensuite. Passez moi un flingue, je vous prie. Merci. C’est chargé ? Ok. Adieu, monde cruel, comme disais l’autre (nda : voir texte à l’arrache 239). Clic-clic. Boum ! Ouille…

Où… Où suis-je ? Ça ne ressemble pas du tout à ce qu’on imagine. Je le savais. Ces andouilles de religieux, avec leur charivari d’enfer et de paradis, c’était n’importe quoi. Haha, je le savais !

C’est pas terrible ici… Mal éclairé. On dirait l’intérieur d’une immense grotte. Alors voilà, c’est ça, la vie après la mort ? Voyage au centre de la terre ? C’est Jules Verne qui a du être content…

Qu’est ce que c’est glauque… Si je faisais le tour du propriétaire ? Voici un sentier. Allons…. Tralala…

N’empêche… S’ils savaient, dans l’autre monde… Enfin, l’autre autre monde. Le monde, quoi. Ouais, s’ils savaient qu’on nous martèle le clou, avec ces carabistouilles christiques, ces billevesées bouddhistes, ces âneries hindous, ces idioties islamiques, ces galéjades juives, ces invraisemblances vaudou, bref, toutes ces fariboles fantasmagoriques de fois foireuses, ça en ferait, du ramdam. Uhuhu, j’en pouffe. Pouf, pouf.

Tiens ? Voici un fleuve. Oh ! Mais il y a un type là-bas, sur la barquette.

-Bonjour, monsieur, vous auriez un instant, s’il vous plait ?

-Gasp ! Vous m’avez fait sursauter ! C’est à dire que je me rendais là-bas, vers ce radeau.

-Justement, je suis agent d’accueil, je viens vous expliquer comment tout cela fonctionne.

-Ah… Et ben, c’est super, c’est super. Ça tombe bien. Vous savez que sur terre, les gogos croient à tout sauf à ça ? Je vous écoute.

-Euuuh… C’est à dire… Les au-delà monothéistes, bouddhistes, hindouistes, animistes, et pastafaristes sont complets, alors du coup, en attendant la fin des travaux, on sous-traite. On transfère tous les nouveaux arrivants ici. Dans l’ Hadès.

-L’ Hadès ! Mais c’est le vieux truc gréco-romain, ça l’ Hadès !

-Ben oui, mais il nous reste encore un peu de place, voilà. Bon, pour commencer, prenez cette pièce de monnaie. Le type dans le rafiot vous fera pas passer sans. Je suppose qu’on nous vous a pas enterré avec une obole. Plus personne n’est enterré avec une obole.

-C’est à dire que cette partie là est un peu floue…

-J’entends. Tenez.

-Ok, merci. Ensuite, qu’est ce qu’il faut faire ?

-Une fois traversé, vous irez en haut du grand escalier, c’est facile à reperer. Faites pas attention au chien géant à trois tête. En haut il y aura un temple, faudra y entrer. Dedans vous allez voir un type gigantesque, musclé, barbu, et tout nu. C’est Midas, le juge des Enfers. Vous comparaitrez devant lui et d’autres juges, et votre ombre témoignera. Normal, elle vous à toujours suivi. Ensuite, on vous affectera à votre au-delà définitif.

-Oula, mais ça craint ça. J’ai pas toujours été correct-correct moi.

-Bah, vous faites pas de mouron. La morale est vachement plus souple ici. L’enfer et le paradis, c’est soit pour les très vilains méchants psychopathes incestueux, soit pour les héros demi-dieux hyper-puissants. Vous êtes pas demi-dieu ?

-Non, pas que je sache…

-Alors, pour vous, ce sera la plaine des asphodèles direct. Vous verrez, c’est tranquille.

-Et ça consiste en quoi ?

-En rien. C’est une grande plaine, où tous les gens moyens errent en se lamentant, sans but, sans fin.

-Merde !

-Désolé…

-Pfff… Sous-traité… Même ici, c’est en dépit du bon sens.

-Les époques ont l’au-delà quelle mérite, monsieur. Maintenant, dépêchez vous d’avancer, s’il vous plaît, la prochaine navette est dans cent dix neuf ans…

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