Texte à l’arrache 57

 Dans Textes à l'arrache

La cold-wave assombrit le salon, intimidant la lumière. Une noirceur usurpait la place de la clarté, et son action retranchait quelques degrés au thermomètre. On avait envie de balancer la tête, nos colonnes vertébrales rigides, en rythme avec la pulsation. Ambiance salon de coiffure des limbes…
Les vrai goths ont eu beau subir les coups de boutoir d’Akhenaton et de sa suite, la manifestation sonore du mouvement authentique Batcave a toujours été cool. Peut-être les rappeurs ne comprenaient-ils pas que certains (pas tous, il y a toujours des débiles majoritaires partout, bien entendu) s’auto-digèrent en questionnements existentiels vrais, mais passons. On ne peut pas dire qu’on ait commis une faute de goût : noir et blanc expressionniste, ligne de basse dub des comptoirs mal-famés de Jamaïque, longs manteaux noirs très esthétiques quand le vent souffle, et qu’on est qu’une silhouette mélancolique, au loin, sur une colline bretonne..
On a enfilé nos impers, gardé les mélodies tristes en tête, on est allé au cimetière Saint Pierre, fumer un joint devant le caveau d’Antonin Artaud. Le ciel était sale, les premières gouttes tombaient. On s’est perdu au milieu des tombes, on a mis deux plombes, mais on a trouvé. La tristesse a débarqué. Mais comme on avait lu des livres, on savait que c’était la tristesse Romantique, le Spleen, la mélancolie des pöetes. C’était une sensation douce, qui insufflait un profond soupir dans nos poumons, un plein d’air vital et agréable. Un murmure s’est fait entendre dans les allées. On a compris Mater Suspiriosa, De Quincey, tout ça. C’était un chouette moment cool. CQFD.

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