Texte à l’arrache 56

 Dans Textes à l'arrache

A bord d’un drone, une vaste forêt enneigée surgit dans le cadre, divisée par une rivière dont les sinuosités renforcent le surnaturel de cette altitude. Au loin, monts volcaniques, mer verte-de-gris, ilots croûteux tachés de chantilly. Ainsi débute la série scandinave.

Cette fois-ci, ça se passe en Islande. Hipster Island. L’ile aux bobos, comme on dit par chez nous. Ùn riche homme d’affaire, Houdor Gudrutmöndir, moche et chauve, se fait buter dans sa maison moderne, moche et chauve également, située en plein cœur des bois de Glopglaglurbvgt, limé à mort avec une ponceuse à phoque. Le crime fait les gros titres, surtout parce qu’il a eu lieu au même endroit où un serial-killer célèbre sévissait : le Décapsuleur. Un flic de la capitale est envoyé en renfort pour enquêter auprès de la fliquette locale.

Générique. Ombres chinoises d’arbres mouvants, révélations de noms d’acteurs, de cameramen, etc. Musique : râles féminins, soupe à l ‘électro, nappes de caca crémeux, accords de valionum (valionum : sorte d’ harmonium anesthésiant). La même que dans tous les autres polars nordiques. Il va faire froid, il va faire un temps de merde, et le meurtrier se cache dans la pampa glaciale.

Reprenons. L’homme d’affaire à été tué, on a envoyé le vieux condé bosser avec la jeune condée, les deux à la poursuite du tueur. Ils sont tellement peu là-bas ( trois fois plus de marseillais dans le monde que d’islandais !), que c’est un peu comme le village des schtroumpfs : chaque islandais incarne une seule fonction, ou pour mieux le dire, chaque fonction s’incarne dans un seul islandais. Le bobo homme d’affaire, le bobo policier, le bobo tueur, pêcheur, farceur, pédé, à lunettes, à barbe (non pour ça : ils ont tous des lunettes et/ou des barbes.) D’ailleurs, ça se remarque dans les lieux : TOUT est paumé. Même le magasin de cigarettes électroniques est paumé…

Et c’est partit pour l’enquête ! C’est lent, c’est très lent. Trèèèèèès très lent. Tous le monde à l’air blême, toutes les femmes sont blondes, toute l’esthétique vient de Suède. Les pièces ont la saveur d’un couloir d’hôpital, et bien des secrets lourds, des haines, des vices, se cachent derrière les faces blanchâtres des autochtones. Entre deux scènes, de long voyages en drone étalent des kilomètres de paysages à couper le souffle et à endormir le cerveau. Les montagnes sont des sommiers bleus sur lesquels se pose paresseux un ciel boréal, les nuages, d’énormes coussins douillets, se transforment en couettes moelleuse, à l’infini de la ligne d’horizon de l’ile aux trolls , et… Zzzzzzz…ZZzzz…ZZZzzzz…

Comme d’habitude, on ne saura jamais qui était le meurtrier. On s’est endormi avant. Dommage, ce coup-ci, le coupable était le beau-frère pédophile nazi juif handicapé qui droguait des tapirs au zoo

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