Texte à l’arrache 68

 Dans Textes à l'arrache

Le châssis d’enfer d’Oksana se tord en pose lascive sur la couverture du dernier Chaud Video. Toute nue, les yeux stabilotés, les tétons et la vulve masqués de sparadrap noir, le bandulomètre s’affole à cette vision. Cette chair si fraiche, si galbée, au croupion confortable , aux nichons défiants la mécanique newtonienne, est la quatre milliardième déesse de la fertilité offerte à la concupiscence des mâles. Quatre milliards de femmes sur lesquelles des bilions de pénis se sont relayés à cracher, depuis l’aube de l’humanité. Oksana, petite fille, dans sa robe Charlotte au fraise, imaginait-elle le raidissement de ses rustines, dans le studio glacial du photographe ? Peut-être. Les jeunes femmes se succèdent sur les pages des revues porno, et comme le Fantôme du Bengale, font croire à l’immortalité de la beauté baisable. Quelle ironie. Oksana vieillira, se flétrira. Ses meilleures fellations feront fuir les passants, quand elle enlèvera son dentier pour faire son office. Pendant ce temps, Svetlana, dix-neuf ans, prendra sa place sur le piédestal de la cègue, encore plus nue, encore plus affolante, et toujours plus impermanente. Incarnation temporaire d’un concept d’homme des cavernes, dispensable, comme une bagnole ou un joujou high-tech. Joyeuse journée des droits de la Femme à toutes celles qui existent, nos égales, nos sœurs !

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