Texte à l’arrache 69

 Dans Textes à l'arrache

Ce matin, tu te lèves, et c’est comme une seconde mort. La première, c’était le soir, quand tu es tombé dans le profond coma qui te sert de sommeil. Tu te réveilles, sans te rappeler d’un seul bout de songe. Est-ce que tu as rêvé, au moins ? Péniblement , la vieille mécanique de tes muscles se remet en branle. C’est le texte à l’arrache soixante-neuf, mais il n’y a que toi dans le lit, tu ne pourras pas faire de blague sur ce numéro, ni jouer au coït buccal à deux joueurs. Le matelas, tu le quittes. Dans le couloir, tu titubes. Une tasse qui traine, simili café renversé dedans. Tu le bois dans le canapé du salon, enfin tu retouches le réel. Mais tu as toujours mal, à cause de la douleur de vivre. C’est la pensée d’avoir à travailler, plutôt que de rester allongé, qui te tue. En t’habillant à la hâte, sans te laver, la télé tu allumes. Aussitôt, elle t’insulte et te crache au visage, comme chaque jour. Les informations t’horripilent, car tu vois si clairement la mascarade dans ce bocal, que tu enrages de ne pas savoir comment exprimer ta révolte avec des mots précis. Il est sept heure trente, il va falloir y aller. Déjà c’est la déprime. Ce qui te console, c’est qu’il doit y avoir au moins trente millions de compatriotes qui sont dans le même état que toi, là, maintenant. Bonne journée.

Articles récents

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Me contacter

Je vous recontacterai si je veux !

Non lisible? Changez le texte.