Texte à l’arrache 120

 Dans Textes à l'arrache

« Les monstres sont parmi nous. Ils sont partout. D’authentiques monstres, oui. Nous ne parlons pas des humains difformes. Ils ont peut être quatre bras, trois jambes, des écailles, des poils partout sur le corps, deux têtes, un jumeaux parasite pendant sur le côté, le syndrome d’arlequin et des couilles au menton, ils n’en sont pas moins de la même espèce que nous. Nos frères de sang. Quant au psychopathes, sociopathes, pédovores, massacreurs, sadiques ou tyrans, la conclusion est semblable. Nous appartenons les uns aux autres. La qualification de monstre n’a qu’une valeur de symbole, d’élément de comparaison, de référence par rapport à. Le véritable monstre, c’est l’être vivant totalement diffèrent de l’humain par l’aspect, mais avec un volonté de destruction de notre genre. En clair, il s’agit ici de la grosse gloumoute qui fait agrogro-agrogro, avec une tronche à pisser contre, des yeux énormes garnis de facettes, une trompe gluante sortant de mandibules baveuses et articulées. Où encore, du machin aux contours mal définis, sans bras sans jambes, avec des cornes molles rétractiles, un pneumostome asthmatique, qui pour avancer, doit glisser sur son propre dégueulis. Ces choses là sont réelles. Il suffit de se promener dans un joli jardin et de regarder de près : nous y voyons les créatures les plus insensées, celle que le cinéma d’horreur arrive à peine à copier. Créature du lac noir, laissez-nous rire. Vous avez déjà vu un poisson des abysses ? Ça, c’est vraiment flippant. L’imagination humaine à ses limites : un dragon n’est finalement qu’un serpent avec des ailes au cul, pas beaucoup plus effrayant, si vous regardez bien leurs tronches, d’un varan ou d’un iguane. En parlant de ça, Iggy Pop peut donner des cauchemars si on le zieute avant d’aller se coucher. Mais c’est un humain, donc il n’est pas un monstre. Quoique… C’est assez moche un humain. Objectivement. Un tonneau en plastique, remplit d’abats, deux tentacules pour la marche, deux autres pour saisir, un bocal sur le sommet, garni de protubérances étranges, des balles de ping-pong, un pifomètre mou, des ailes de chauve-souris rabougries sur les flancs, et du crin tout en haut… Pouah. Les extra-terrestres bariolés doivent nous trouver, euh, monstrueux. Du coup, tout s’annule, et réciproquement, CQFD, hic et nunc, sidapiqure, turlututu chapeau pointu. »
Sauron Kietegraat, Houba…Houba… (1843)

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