Texte à l’arrache 222

 Dans Textes à l'arrache

Moktar en avait marre et Fatma avait peur. le jambonnier attaquait la porte de la chambre froide en hurlant, et il n’y avait pas d’issue. « Allez visiter le psychoparc d’attraction », on leur avait dit « vous allez voir, on s’amuse à se faire peur ! » Ça pour s’amuser, on s’amusait. Surtout le jambonnier, qui venait de s’échapper de l’asile d’à côté. Dans une aire de divertissement sur le thème des tueurs en série , il était comme un vampire dans un jacuzzi de sang, totalement à son aise. Les gogos venaient d’eux même se prendre en photo avec lui, il n’y avait plus qu’a les découper en tranches fines, façon Serrano.

Moktar, heureusement, il avait l’œil. Merci Massacre à la Tronçonneuse, merci Vendredi 13, merci le Silence des Agneaux, merci Henry, Portrait of a Serial Killer, merci la Main du Saigneur, etc. etc. Tous ces films ingurgités à l’adolescence se révélaient utiles pour repérer les tarés homicides. Un type qui se balade avec une trancheuse à volant manuelle sous le bras, même dans un endroit pareil, c’était franchement louche. En plus il n’avait pas de badge. Ça n’avait pas loupé : en plein pendant le manège de la douche façon Bates motel, alors que tous le monde se serrait derrière le rideau, le jambonnier avait débarqué, avec son odeur putride et sa tête de mongolien. Tchac et tchac et tchac et reretchac, Moktar avait juste eu le temps d’attraper la main de Fatma pour les sortir de là pendant que le reste des visiteurs se faisait mettre en charpie.

Mais bien sûr, comme dans ces satanés films, il avait retrouvé leur piste. D’où carapatage dans la chambre froide, coups dans la porte, cris, peur, et compagnie.

-Casse toi, vilain, on mange pas de jambon nous !

-Grr, grroumpf, slam, graaaor !

C’était peine perdue, le type était débile. Surpuissant mais débile. Juste avant qu’il n’enfonce la porte pour de bon, Fatma eut une idée.

-GRAAAOOR *CRRRRAAAC* JAAAMBOOOON ! *slik* *tchictchictchic* *rollroll* *sploort* JAAAaamboon…

Les carcasses habillées s’étaient faites mettre en pièces, découpées en fines lamelles de chair et de tissus. Il était content, le gros pépére, tout étourdi d’adrenaline et de jouissance. Il tomba sur son gros derrière, repu, planta dans sa bouche son pouce, qu’il se mit à sucer comme un gros bébé. Alors qu’ils rampaient en sous-vêtements dans les conduits d’aération, Fatma ne cachait pas sa mauvaise humeur, singeant la voix de Moktar

-« Allez Fatma, viens, on va au Psychoparc, viens ma chérie ca va etre amusant, ch’te promets ! » Et apres monsieur joue les blasés vas-y « Lui c’est un serial killer, ch’te jure, sur ma vie, et comment on va sortir, et qui c’est qui va nous rembourser, lalala » Pendant que monsieur ronchonne, qui c’est qui trouve comment s’enfuir ? Y a des baffes qui se perdent. Traf ! Sur la vie de ma mère, la prochaine fois, on ira a Disneyland !

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