Texte à l’arrache 303

 Dans Textes à l'arrache

Le saviez-vous ? Léon Tolstoï et le Mahatma Ghandi, aux début du XXème siècle, on été correspondant. Tolstoï, nous l’avons vu, avait tout de la grosse tête de lard soupe au lait (nda : voir texte à l’arrache 43). Pourtant, ceci était plutôt dû à une sensibilité à fleur de peau, qui s’irritait à la première contrariété, à une peur maladive de la mort, à une conscience torturée par les questions existentielles, qu’à un véritable mauvais carafon. Bon, d’accord, il avait mauvais carafon, mais en fait, c’était quelqu’un de véritablement animé par la bonté, dans le sens spirituel du terme. Ainsi, ses théories de la non-violence avait fait une forte impression sur le jeune indien, et ce dernier ne tarda pas à envoyer une longue missive, exaltée, au célèbre et vénérable écrivain. Ému par la noblesse de sa cause, Léon lui répondit par ce message à l’arrache, qui allait boulverser le futur de la lutte pour l’indépendance de l’Inde. Historique.

« Isnaïa Polïana, le douze aout mil neuf cent huit,

Mon gros loulou,

Ta petite lettre m’a fait beaucoup plaisir. Ici, il fait beau, Sonia me casse les zakouskis, mais sinon, ça va. Hier, on a été au cinéma, c’était nul. Moi je préfère les documentaires sur les animaux, mais là c’était une histoire de cow-boys débile. Une fiction. J’ai horreur de ça. Ce que je n’aime pas avec la fiction, c’est que ce n’est pas vrai. C’est que des mensonges qui font croire des bêtises aux gens. Mais enfin bon, après on a mangé des glaces, et ça, c’était chouette.

Comment vas-tu toi, mon Gandhi-Gandha ? J’ai cru lire entre tes lignes, mais en fait non, il n’y avait que du blanc. J’ai donc lu en diagonale, mais ça n’avait aucun sens, c’est naze cette expression. En tout cas, j’ai bien compris que tu en avais gros sur le nan au fromage, et je te comprends. Les gens, ils sont méchants, et pas intelligents. Ils passent leur temps à se faire mal, pire ils se tuent. Et quand c’est des Tsars qui disent, tous ils marchent au knout. Après ils sont pas contents, ils râlent tout le temps, du coup ils font des révolutions. Mais c’est trop idiot, car ils se massacrent encore ! Moi j’appelle pas ça changer les choses. Ce qu’il faudrait, c’est qu’on se mette tous d’accord pour faire un truc qui bloqueraient tout, mais sans taper, et que les méchants chefs ils soient tellement embétés qu’ils soient obligés de perdre. Ouais ce serait trop super. C’est pourtant pas difficile de pas se taper dessus. Quand tout le monde est aimable, ben il y a plus d’amour, c’est logique. Je souhaite que ton plan marche et que tous les indiens soient heureux. Tu trouveras joint à cette lettre, des poils de ma barbe, comme tu m’as demandé.

Je te fais plein de flublublu sur le bidou,

ton copain,

Léon. »

 

(Pardonnez moi, Maîtres ! Clin d’oeil à Daniel Mexi-Canos.)

Articles récents

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Me contacter

Je vous recontacterai si je veux !

Non lisible? Changez le texte.