Texte à l’arrache 51

 Dans Textes à l'arrache
(Façon aède du pauvre) :

Marseille, ma maudite, laisse moi reprendre ma lyre, que je chante les rues chaudes de ton cœur malade. Halo criblé des lampadaires, murs miroitant sur le patchwork d’immeubles, copulation classique du béton avec la pierre, macadam blessé de larges plaies, rapiécé au bitume. Tu es la seule ville dont le sol titube sous les pas. Perdu dans une traverse du Cours Julien, aux pavés polygoniques, le Tunnel apparaît, révélé par les drogues. Le faux labyrinthe de l’Existence, sentier sinueux aux détours implacables, jonché de crottes de pigeons, de chiens et d’hommes. Que c’est beau, quand dans la nuit, les bâtiments deviennent des boites sur lesquelles le couvercle s’est refermé, une maquette si réelle dans son étrangeté. La ville devient un terrarium. Et le son des musiques qui rodent à l’entrée des bars, transforme le vent en chanson pour les libations nocturnes. Tout les genres te plaisent, toi qui en a vu tant, l’ Ancienne. Les rats de la Plaine, ou ceux du Panier, jusqu’à Saint Antoine, les orignaux de Noailles et les renards des Caillols, les Chameaux du Prado, parfois les lions morts du zoo disparu, tous peuvent franchir les côtes de la Mugelandie, autour du Vieux-Port. Les poissons tolèrent les mammifères, s’ils compatissent dans la tristesse d’un match perdu. Peu couteux péage. Pour chanter ça en deux cents mots, et plus s’il le faut, j’ai pris ma lyre.Une flèche fera d’elle un arc, si la Mère des Gabians surgit. Entre les deux yeux, il faudra tirer. Mais elle ne surgira pas. Sur le sol pesteux de la Major, il y a la mer, qui part au loin. Le globe terrestre passe cul par dessus tête du soleil, et la Bonne Mère indique de son enfant, l’astre brulant géant, couleur jaune de pastis.

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